
<< Le Premier ministre d'Israël a beaucoup plus
d'influence sur la politique étrangère des
États-Unis au Moyen-Orient qu'il n'en a dans son propre
pays. >>
Source : Paul Findley, "They dare to speak out", p.
92.
Comment de tels mythes ont-ils pu susciter des croyances
difficilement déracinables chez des millions de gens de bonne
foi ?
- Par la création de tout puissants "lobbies" capables
d'infléchir l'action des politiques et de conditionner les
opinions publiques. Les modes d'action sont adaptés selon les
pays.
Aux États-Unis, où vivent 6 millions de Juifs, le "vote
juif" peut être déterminant, car la majorité
électorale (en raison du nombre élevé des
abstentions et de l'absence de projets globaux différents
entre les 2 partis) dépend de peu de chose, et la victoire
peut être emportée avec peu d'écart.
En outre, la volatilité de l'opinion qui dépend pour
une large part du "look" du candidat ou de l'habileté de ses
prestations télévisées, est fonction des budgets
de ses comités et des possibilités de son "marketing"
politique. <<En 1988, les élections
américaines aux postes de membres du Sénat exigent un
budget publicitaire de 500 millions de dollars >>
Source : Alain Cotta. "Le capitalisme dans tous ses
états". Ed. Fayard. 1991. p. 158.
Le lobby le plus puissant officiellement accrédité
au Capitole est le AIPAC ("American Israel Public Affairs
Commitee")
La puissance des sionistes aux États-Unis était telle
déjà en 1942 qu'à l'Hôtel Biltmore,
à New York, une Convention maximaliste décide qu'il
faut passer du "Foyer juif en Palestine" (promis par
Balfour : la colonisation lente par achats de terre, sous
protectorat britannique ou américain), à la
création d'un État juif souverain.
La duplicité qui caractérise toute l'histoire du
sionisme, s'exprime dans les "interprétations" de ce qui fut
l'aboutissement des efforts de Herzl : la "Déclaration
Balfour" (en 1917). La formule de "foyer national juif"
est reprise du Congrès de Bâle. Lord Rothschild avait
préparé un projet de déclaration
préconisant "le principe national du peuple juif". La
déclaration finale de Balfour ne parle plus de toute la
Palestine, mais seulement de "l'établissement en
Palestine d'un Foyer national pour le peuple juif". En fait tout
le monde dit "foyer" comme s'il s'agissait d'un centre
spirituel et culturel, et pense, en réalité :
État. Comme Herzl lui-même. Lloyd George
écrit dans son livre : The Truth about the Peace
treaties, (Ed. Gollancz, 1938, vol. 2 p.
1138-39) : << Il ne saurait y avoir de doute sur
ce que les membres du Cabinet avaient à l'époque en
tête... La Palestine deviendrait un État
indépendant. >> Il est significatif que le
Général Smuts, membre du Cabinet de guerre,
déclarait à Johannesburg, le 3 novembre 1915 :
<< Au cours des générations à
venir, vous allez voir se lever là-bas (en Palestine) une fois
de plus un grand État Juif. >>
Dès le 26 janvier 1919 Lord Curzon écrivait :
<< Pendant que Weizmann vous dit quelque chose, et que
vous pensez "foyer national juif", il a en vue quelque chose de tout
à fait différent. Il envisage un État juif, et
une population arabe soumise, gouvernée par les juifs. Il
cherche à réaliser cela derrière l'écran
et la protection de la garantie britannique. >>
Weizmann avait clairement expliqué au gouvernement
britannique que l'objectif du sionisme était de créer
un "État juif" (avec quatre ou cinq millions de juifs). Lloyd
George et Balfour lui donnèrent l'assurance
<< qu'en usant du terme "foyer national", dans la
Déclaration Balfour, nous entendions bien par là un
État juif >>.
Le 14 mai 1948, Ben Gourion proclame à Tel-Aviv
l'indépendance : <<L'État juif en
Palestine s'appellera : Israël >>.
Malgré la divergence entre ceux qui, comme Ben Gourion,
considéraient comme un devoir pour chaque Juif dans le monde
de venir vivre dans cet État, et ceux qui pensaient que
l'action des Juifs aux États-Unis était plus
importante, dans l'intérêt même d'Israël,
cette dernière tendance l'emporta : sur 35.000
Américains ou Canadiens qui immigrèrent en Israël,
5.400 seulement s'y fixèrent.
Source : Melvin I. Wrofsky : "We are one ! American
jewry and Israël. New York, 1978, Ed. Ander Press - Doubleday,
p. 265 - 266.
L'État d'Israël fut admis aux Nations Unies
grâce aux pressions éhontées du lobby.
Eisenhower ne voulait pas s'aliéner les pays pétroliers
arabes : << Une prodigieuse source de puissance
stratégique et l'une des plus grandes richesses de l'histoire
du monde. >> disait-il.
Source : Bick, "Ethnic linkage and Foreign policy". p.
81.
Truman balaya ses scrupules pour des raisons électorales,
et il en fut ainsi de ses successeurs.
Sur la puissance du lobby sioniste et du "vote juif", le
Président Truman lui-même avait, devant un groupe de
diplomates, déclaré en 1946 : << Je
regrette Messieurs, mais je dois répondre à des
centaines de milliers de gens qui attendent le succès du
sionisme. Je n'ai pas des milliers d'Arabes parmi mes
électeurs. >>
Source : Willian Eddy, F.D. Roosevelt and Ibn Saoud N.Y.
"American friends of the Middle East", 1954, p. 31.
L'ancien Premier ministre anglais Clement Atlee apporte ce
témoignage : <<La politique des
États-Unis en Palestine était modelée par le
vote juif et par les subventions de plusieurs grandes firmes
juives. >>
Source : Clement Atlee. "A Prime Minister Remember" Ed.
Heinemann. Londres 1961 p. 181.
Eisenhover avait, en accord avec les soviétiques,
stoppé en 1956 l'agression israélienne (appuyée
par les dirigeants anglais et français) contre le canal de
Suez.
Le Sénateur J.F. Kennedy n'avait, en cette affaire,
montré aucun enthousiasme.
En 1958, la "Conférence des Présidents" des
associations juives charge son Président Klutznik, de
contacter Kennedy, candidat possible. Il lui déclara
crûment : << Si vous dites ce que vous devez
dire, vous pouvez compter sur moi. Sinon je ne serai pas le seul
à vous tourner le dos >>.
Ce qu'il devait dire, Klutznik le lui résuma : l'attitude
d'Eisenhower dans l'affaire de Suez était mauvaise alors qu'en
48 Truman était dans la bonne voie... Kennedy suivit ce
"conseil" en 1960, lorsqu'il fut désigné par la
Convention démocrate comme candidat. Après ses
déclarations à New-York, devant des
personnalités juives, il reçut 500.000 dollars pour sa
campagne, Klutznik comme conseiller, et 80 % du vote juif.
Source : Melvin I. Wrofsky, op. cit., p. 265-6 et 271
à 80.
Lors de sa première rencontre avec Ben Gourion, à
l'hôtel Waldorf Astoria de New York, au printemps de 1961, John
F. Kennedy lui dit : << Je sais que j'ai
été élu grâce aux votes des juifs
américains. Je leur dois mon élection. Dites-moi ce que
je dois faire pour le peuple juif. >>
Source : Edward Tivnan, "The lobby". p. 56 (citant le
biographe de Ben Gourion, Michel Bar Zohar)
Après Kennedy, Lyndon Johnson alla plus loin encore. Un
diplomate israélien écrivait :
<< Nous avons perdu un grand ami. Mais nous en avons
trouvé un meilleur... Johnson est le meilleur des amis que
l'État juif ait eu à la
Maison-Blanche >>.
Source : I.L. Kenan. "Israël's defense line",
Buffalo. Prometheus book. 1981. p. 66-67.
Johnson appuya en effet puissamment la "guerre des Six jours" en
1967. Désormais 99% des juifs américains
défendirent le sionisme israélien.
<< Être juif aujourd'hui signifie :
être lié à Israël. >>
Source : Schlomo Avineri : "The Making of Modern
Sionism". N.Y. Basis Book, 1981, p. 219)
La résolution 242 des Nations Unies, en novembre 1967,
exigeant l'évacuation des territoires occupés pendant
la guerre, De Gaulle, après cette agression, prononça
l'embargo sur les armes à destination d'Israël. Le
Parlement américain suivit. Mais Johnson, en décembre,
le fit lever et, sous la pression de l'A.I.P.A.C., livra les avions
Phantom commandés par Israël.
Source : Bick, op. cit. p. 65 et 66.
En conséquence de quoi, Israël ne critiqua pas la
guerre au Viêt-Nam.
Source : Abba Eban. Autobiographie. p. 460.
Lorsqu'en 1979, Golda Meir vint aux E.U., Nixon la compara
à la "Deborah biblique" et la couvrit d'éloges sur la
prospérité (boom) d'Israël.
Source : Steven L. S. Spiegel : "The other arab-israeli
conflict" University of Chicago Press. 1985, p. 185.
Le "Plan Rogers" reprenant l'essentiel de la résolution
262 de l'O.N.U., fut rejeté par Golda Meir.
Source : Kenan. op. cit. p. 239.
Nixon livra à Israël 45 Phantoms de plus, et rajouta
80 bombardiers Skyhawk.
Nasser mourut le 8 septembre 1970 et Sadate proposa la paix avec
Israël. Moshé Dayan, ministre de la Défense,
refusa, malgré le ministre des Affaires
étrangères, Abba Eban.
Sadate, le 6 octobre 1973, lança alors l'offensive qui
reçut le nom de guerre du Yom Kippour et détruisit la
réputation de Madame Golda Meir qui dut démissionner le
10 avril 1974, ainsi que Moshé Dayan.
Néanmoins, le lobby juif du Capitole remporta à
Washington un grand succès pour le réarmement
accéléré d'Israël : 2 milliards de
dollars, sous prétexte de combattre un lobby arabe
concurrent.
Source : Neff, "Warriors of Jerusalem", p. 217.
L'argent des banques juives de Wall Street s'ajouta à
l'aide gouvernementale.
Source : Bick. op. cit. p. 65. et Abba Eban. op. cit. p.
460.
Sur les 21 personnes qui ont versé plus de 100.000 dollars
pour le Sénateur Hubert Humphrey, 15 étaient juives,
aux premiers rangs desquelles les maîtres de la "mafia juive
d'Hollywood" comme Lew Wasserman. D'une manière
générale ils apportaient plus de 30% des fonds
électoraux du Parti Démocrate.
Source : Stephen D. Isaacs. "Jews and American politics".
N.Y. Ed. Doubleday. 1974. chapitre 8.
L'A.I.P.A.C se mobilisa de nouveau et obtint en trois semaines,
le 21 mai 1975, la signature de 76 sénateurs demandant au
Président Ford d'appuyer comme eux Israël.
Source : Texte intégral dans Shechan. "Arabis
Israelis, and Kissinger". Reader's digest press, p. l75.
La voie de Jimmy Carter était tracée :
à la Synagogue d'Elisabeth, dans le New Jersey, revêtu
de la toge de velours bleu, il proclama :
<< J'honore le même Dieu que vous. Nous (les
baptistes) étudions la même Bible que
vous. >> Et il conclut : << La
survie d'Israël ne relève pas de la politique. C'est un
devoir moral. >>
Source : "Time" du 21 juin 1976.
C'était l'époque où Beghin et les partis
religieux avaient, en Israël, enlevé le pouvoir aux
travaillistes : << Beghin se considérait
plus comme juif que comme israélien >>,
écrit son biographe.
Source : Silver, "Beghin : The haunted prophet", p.
164.
En novembre 1976, Nahum Goldmann, Président du
Congrès juif mondial, vint à Washington voir le
Président, et ses conseillers, Vance et Brzezinski. Il donna
à l'administration Carter ce conseil inattendu :
<< briser le lobby sioniste aux
États-Unis. >>
Source : "Stern". New York. 24 avril 1978.
Goldmann avait consacré sa vie au sionisme et joué
un rôle de premier plan dans le "lobby" depuis l'époque
Truman, et il disait aujourd'hui, que sa propre création, la
Conférence des Présidents, était une "force
destructive" et "un obstacle majeur" à la paix au
Moyen-Orient.
Beghin était au pouvoir et Goldmann était
décidé à miner sa politique, fût-ce en
détruisant son propre groupe de pression.
Six ans plus tard, Cyrus Vance, l'un des interlocuteurs de cette
rencontre, confirme les propos de Goldmann :
<< Goldmann nous a suggéré de briser le
lobby, mais le Président et le Secrétaire d'État
répondirent qu'ils n'en avaient pas le pouvoir, et que
d'ailleurs cela aurait pu ouvrir la porte à
l'antisémitisme. >>
Source : Interview de Cyrus Vance à Edward
Tivnan : "The lobby". Ed. Simon and Schuster.1987 p. 123.
Beghin, partageant le pouvoir avec les travaillistes,
désigna Moshé Dayan comme Ministre des Affaires
étrangères à la place de Shimon Peres.Le
Président de la Conférence des Présidents juifs
aux États-Unis, Schindler, fit accepter ce tournant en faveur
des extrémistes et souligna le pragmatisme de Dayan. Beghin,
pour un temps, ne se soucia guère des sionistes
américains, qu'il considérait comme les soutiens des
travaillistes.
Mais les hommes d'affaires américains constatant l'influence
des rabbins sur Beghin et surtout l'attachement de celui-ci à
la "libre entreprise" (contrairement aux interventions
étatiques des travaillistes), saluèrent les accords de
Camp David (septembre 1978). Sadate, faisant une paix
séparée avec Israël, ne touchait pas à la
Cisjordanie (Judée et Samarie, terres "bibliques" selon
Beghin) et ne retenait que le Sinaï qui, pour Beghin,
n'était pas "terre biblique".
Source : Stephan D. Isaacs : "Jews and American policy."
Doubleday, 1974, p. 122.
En 1976, Carter avait recueilli 68% du vote juif ; en 1980
il n'en obtint que 45%, ayant, dans l'intervalle, vendu des avions F
15 à l'Égypte et des "Awacs" à l'Arabie
Saoudite, en assurant pourtant que cela ne servirait jamais contre
Israël puisque l'armée américaine en
contrôlait et en dirigeait toutes les données au
sol.
Il fut néanmoins battu par Reagan en 1980, qui, au contraire,
accorda 600 millions de dollars de crédits militaires pour les
2 années suivantes.
Beghin assuré, après Camp David, de n'être pas
attaqué à revers par l'Égypte, et rassuré
par le fait que les Awacs vendus à l'Arabie Saoudite
étaient entièrement sous contrôle
américain, put montrer aux Américains son pouvoir pour
une guerre préventive en procédant (comme les Japonais
à Pearl Harbour et les Israéliens pour l'aviation
égyptienne lors de la guerre des Six jours) à une
destruction, sans déclaration de guerre, de la centrale
nucléaire irakienne d'Ozirak, construite par les
Français. Beghin invoquant toujours le même mythe
sacré :
<< Il n'y aura jamais plus un autre
Holocauste. >>
Source : "Washington Post". 10 juin 1981.
Encouragé par la faiblesse de la protestation
américaine craignant une aggravation de la situation au
Moyen-Orient, Beghin, un mois plus tard, le 17 juillet 1981,
bombardait l'Ouest de Beyrouth pour y détruire, disait-il, des
bases de l'O.L.P.
Reagan annonça alors le projet de vendre pour 8 milliards et
demi d'Awacs à l'Arabie Saoudite, et d'autres missiles,
toujours dans des conditions qui ne menaçaient en rien
Israël car le contrôle américain était
total.
Si bien qu'une majorité au Sénat accepta cette bonne
affaire économique et ce renforcement de l'emprise
américaine dans le Golfe. (Les Saoudiens s'étaient
engagés à ne survoler ni la Syrie ni la Jordanie, et
donc pas Israël.)
Source : Facts and files. 20 septembre 1981, p. 705.
Beghin, toujours possédé par la vision du "grand
Israël" de la légende biblique, poursuivit l'implantation
de colonies israéliennes en Cisjordanie (commencée par
les travaillistes) que Carter avait déclarées
"illégales" et contraires aux résolutions 242 et 338
des Nations Unies. Mais Reagan voyait en Israël un moyen de
bloquer les visées de l'Union Soviétique sur les
pétroles du Golfe. En novembre 1981, Ariel Sharon, Ministre de
la guerre de Beghin, rencontra son homologue américain Caspar
Weinberger, et élabora avec lui un plan de "coopération
stratégique" pour dissuader toute menace soviétique
dans la région.
Source : "N.Y. Times", 1er décembre 1981.
Le 14 décembre, Beghin annexe le Golan. Reagan proteste
contre cette nouvelle violation de la résolution 242. Beghin
s'insurge : << Sommes-nous une république
bananière ? Un État vassal du
vôtre ? >>
Source : Steven Emerson, "Dutton of Arabia" in "New Republic"
du 16 juin 1982.
L'année suivante Beghin envahissait le Liban. Le
général Haig, dirigeant le département de la
guerre, donne le feu vert à cette invasion destinée
à imposer un gouvernement chrétien à
Beyrouth.
Source : Ze'ev Shiff et Ehud ya'ari : "Israël's
Lebanon War". N.Y., Simon and Schuster, 1984.
Peu d'Américains critiquèrent cette invasion comme
peu d'Israéliens avaient critiqué celle du
Viêt-Nam. Mais les massacres de Sabra et de Chatila, sous les
yeux de Sharon et d'Eytan, et avec leur complicité, et les
images qui en furent données à la
télévision, obligeaient le lobby juif à rompre
le silence.
Le Vice-Président au congrès juif mondial, Hertzberg,
et bon nombre de rabbins, critiquèrent Beghin en octobre 1982.
Beghin reprocha au rabbin Schindler, qui avait fait cette critique
à la télévision, d'être
<< plus américain que juif >>et
l'un de ses adjoints le dénonça comme
<< traître >>.
Source : Michael Kremer : "American Jews and Israel. The
schism", N.Y., 18 octobre 1982.
Un porte-parole de A.I.P.A.C. expliqua la stratégie de
ceux qui, comme lui, approuvaient l'invasion :
<< Nous voulons renforcer notre soutien d'Israël
vers la droite - avec les gens qui ne se soucient pas de ce qui se
passe sur la "west bank" mais qui visent l'Union
Soviétique. >>
Source : Interview recueillie par Tivnan (op. cit.) p.
181.
A cette occasion les chrétiens sionistes soutinrent
l'agression israélienne et leur chef Jerry Falwell, que Beghin
appelait "l'homme qui représente 60 millions de
chrétiens américains" dans un pays où il n'y
a que 6 millions de juifs reçut la plus haute distinction
sioniste : le prix Jabotinski pour services rendus à
Israël, plus 100 millions de dollars de l'État
israélien et 140 millions de dollars de la donation
Swaggert.
Source : "Time" "Power, glory - politics" ou T.V. 17
février 1986.
La puissance financière et, par conséquent,
politique, dans un monde où tout s'achète et se vend,
devint de plus en plus déterminante.
Depuis 1948 les États-Unis ont fourni à Israël 28
milliards d'aide économique et militaire.
Source : Time Magazine de juin 1994.
Confortés par le flux financier qui, du dehors,
déferlait sur Israël :
1 - Par les "réparations" allemandes et
autrichiennes ;
2 - Par les libéralités inconditionnelles des
États-Unis ;
3 - Par les versements de la "Diaspora";
les dirigeants israéliens pouvaient concevoir, en politique
extérieure, les visées les plus ambitieuses d'un "grand
Israël".
Un témoignage précis nous en est fourni par un
article de la revue "Kivounim" (Orientations) publié
à Jérusalem par "L'Organisation sioniste
mondiale" sur "les plans stratégiques d'Israël pour
les années 80" :
" En tant que corps centralisé, l'Égypte
est déjà un cadavre, surtout si l'on tient compte de
l'affrontement de plus en plus dur entre musulmans et
chrétiens. Sa division en provinces géographiques
distinctes doit être notre objectif politique pour les
années 1990, sur le front occidental.
Une fois l'Égypte ainsi disloquée et privée de
pouvoir central, des pays comme la Libye, le Soudan, et d'autres plus
éloignés, connaîtront la même dissolution.
La formation d'un État copte en Haute-Égypte, et celle
de petites entités régionales de faible importance, est
la clef d'un développement historique actuellement
retardé par l'accord de paix, mais inéluctable à
long terme.
En dépit des apparences, le front Ouest présente moins
de problèmes que celui de l'Est. La partition du Liban en cinq
provinces... préfigure ce qui se passera dans l'ensemble du
monde arabe. L'éclatement de la Syrie et de l'Irak en
régions déterminées sur la base de
critères ethniques ou religieux doit être, à long
terme, un but prioritaire pour Israël, la première
étape étant la destruction de la puissance militaire de
ces États.
Les structures ethniques de la Syrie l'exposent à un
démantèlement qui pourrait aboutir à la
création d'un État chi'ite le long de la côte,
d'un État sunnite dans la région d'Alep, d'un autre
à Damas, et d'une entité druze qui pourrait souhaiter
constituer son propre État - peut-être sur notre Golan -
en tout cas avec l'Houran et le nord de la Jordanie... Un tel
État serait, à long terme, une garantie de paix et de
sécurité pour la région. C'est un objectif qui
est déjà à notre portée.
Riche en pétrole, et en proie à des luttes intestines,
l'Irak est dans la ligne de mire israélienne. Sa dissolution
serait, pour nous, plus importante que celle de la Syrie, car c'est
lui qui représente, à court terme, la plus
sérieuse menace pour Israël. "
Source : "Kivounim" Jérusalem,
ndeg. 14, ndeg. de février 1982. Pages 49 à 59.
(Le texte intégral, dans son original hébreu,
est reproduit dans le livre: "Palestine, terre des messages
divins", de Roger Garaudy. Ed. Albatros. Paris 1986,
p. 377 à 387, et dans sa traduction française à
partir de la page 315.)
Pour la réalisation de ce vaste programme, les dirigeants
israéliens disposaient d'une aide américaine sans
restriction. Sur les 507 avions dont ils disposaient à la
veille de l'invasion du Liban, 457 venaient des États-Unis
grâce aux dons et prêts consentis par Washington. Le
lobby américain se chargeait d'obtenir les moyens
nécessaires, fût-ce, sous la pression du "lobby"
sioniste, contre les intérêts nationaux.
Lorsque les objectifs du plan Kivounim étaient trop
éloignés, et l'affrontement trop risqué, le
lobby israélien réussissait à faire
réaliser l'opération par les États-Unis. La
guerre contre l'Irak en est un exemple saisissant.
<< Deux puissants groupes de pression poussent les
États-Unis au déclenchement du conflit.
1 - Le "lobby juif" parce que l'élimination de Sadam Hussein
écarterait la menace du pays arabe le plus puissant... Les
Juifs américains jouent dans le système
médiatique d'outre Atlantique un rôle essentiel. Le
compromis permanent entre le Président et le Congrès
amène la Maison Blanche à tenir le plus grand compte de
leurs instances.
2 - Le "lobby des affaires"... en est venu à penser que la
guerre pouvait relancer l'économie. La Seconde guerre
mondiale, et les énormes commandes qu'elle a valu aux
États-Unis, n'a-t-elle pas mis fin à la crise de 1929
dont ils n'étaient vraiment jamais sortis ? La guerre de
Corée n'a-t-elle pas provoqué un nouveau
boom ?
Bienheureuse guerre qui ramènerait la prospérité
en Amérique... >>
Source : Alain Peyrefitte : le Figaro du 5 novembre
1990.
<< Il est difficile de surestimer l'influence
politique de l'American Israeli Public Affairs Committee
(A.I.P.A.C.)... disposant d'un budget qui a quadruplé de 1982
à 1988 (1.600.000 dollars en 1982 ; 6.900.000 dollars en
1988)>>
Source : "Wall Street Journal" du 24 juin 1987.
Les dirigeants sionistes ne cachaient pas ce rôle de leur
lobby. Ben Gourion déclarait clairement :
<< Quand un Juif, en Amérique ou en Afrique du
Sud, parle à ses compagnons juifs de "notre" gouvernement, il
entend le gouvernement d'Israël. >>
Source : "Rebirth and Destiny of Israël", 1954, p.
489.
Au 23ème Congrès de l'organisation sioniste
mondiale il précise à propos des devoirs d'un Juif
à l'étranger, que : << l'obligation
collective de toutes les organisations sionistes de diverses nations
d'aider l'État juif en toute circonstance est
inconditionnelle, même si une telle attitude entre en
contradiction avec les autorités de leurs nations
respectives. >>
Source : Ben Gourion : "Tasks and character of a
modern sionist", "Jerusalem Post" du 17 août 1952 et "Jewish
telegraphic agency" du 8 août 1951[1] .
Cette confusion du judaïsme comme religion (respectable
comme toute autre) avec le sionisme politique comportant
allégeance inconditionnelle à l'État
d'Israël se substituant au Dieu d'Israël, ne saurait en
effet que nourrir l'antisémitisme.
Le Département d'État fut contraint de réagir.
Dans une lettre adressée au "Conseil américain pour
le judaïsme", rendue publique par celui-ci le 7 mai 1964, le
Secrétaire d'État Talbot, se référant aux
principes mêmes de la Constitution américaine, à
l'égard desquels les exigences des dirigeants sionistes
constituaient un défi, rappelait que son pays
<< reconnaît l'État d'Israël en temps
qu'État souverain, et la citoyenneté de l'État
d'Israël. Il ne reconnaît aucune autre souveraineté
ou citoyenneté à cet égard. Il ne
reconnaît pas de relations politico-légales
fondées sur une identification religieuse de citoyens
américains. Il ne fait aucune discrimination entre les
citoyens américains en ce qui concerne leur religion. En
conséquence, il devrait être clair que le
Département d'État ne considère pas le concept
de "peuple juif" comme étant un concept de droit
international. >>
Source : Cité par Georges Friedman dans "Fin du
peuple juif", Gallimard 1956, Idées poche, p. 292.
Déclaration purement platonique d'ailleurs car cet
évident rappel juridique ne fut suivi d'aucune mesure contre
le lobby.
L'affaire Pollard en fournit un exemple.
En novembre 1985, un militant sioniste américain Jonathan
Pollard, analyste à l'état-major de la marine, est
arrêté alors qu'il transporte chez lui quelques
documents secrets. Interrogé par le F.B.I., il reconnaît
avoir reçu 50.000 dollars depuis le début 1984 pour
transmettre ces documents à Israël.
<< L'affaire Pollard n'a pas surgi brusquement,
à partir de rien. Elle s'inscrit dans le système actuel
- de plus en plus malsain - des relations
américano-israéliennes, caractérisées par
une dépendance excessive qui favorise des attitudes
imprudentes.
Cette situation a été créée en I981,
lorsque l'Administration Reagan a donné à Israël
ce qui a été interprété comme une "carte
blanche" à son aventurisme militaire, sous prétexte
d'autodéfense... Le premier résultat en a
été l'invasion du Liban.
... Il était prévisible qu'une telle
complaisance de Washington encourage l'arrogance de
Jérusalem.. Il est bien connu que des liens
d'étroite dépendance sécrètent du
ressentiment et de l'agressivité... De la part d'Israël,
ce ressentiment prend des formes inconsidérées, le raid
sur Tunis en est une, il se pourrait que l'affaire Pollard en soit
une autre. >>
Source : "Washington Post", 5 décembre 1985.
<< Depuis des décennies, les Juifs
américains s'efforcent de convaincre l'opinion publique
américaine que leur soutien inconditionnel à
Israël ne porte pas atteinte à leur loyalisme à
l'égard des États-Unis. Il semble maintenant qu'il sera
difficile de leur faire confiance sur ce point, et ceux qui parlent
de "double allégeance" vont trouver des oreilles
complaisantes.>>
Source : "Haaretz", 1er décembre 1985.
Les exemples ne manquent pas où le lobby
israélo-sioniste réussit à imposer aux
États-Unis une attitude contraire aux intérêts
américains mais utile pour la politique d'Israël.
En voici quelques exemples.
Le Président de la Commission des Affaires
étrangères du Sénat, le Sénateur
Fullbright, décida de faire comparaître les principaux
dirigeants sionistes devant un Comité qui mit à jour
leurs activités souterraines. Il résumait les
résultats de son enquête dans une interview "Face
à la nation" à la C.B.S. du 7 octobre 1973 :
<< Les Israéliens contrôlent la politique
du Congrès et du Sénat >>, et
ajoutait : << Nos collègues du
Sénat, environ 70 % d'entre eux, se déterminent plus
sous la pression d'un lobby que sur leur propre vision de ce qu'ils
considèrent comme des principes de liberté et de
droit. >>
Aux élections suivantes, Fullbright perdit son siège de
Sénateur.
Depuis l'enquête du Sénateur Fullbright, le "lobby"
sioniste n'a cessé d'accroître son emprise sur la
politique américaine. Dans son livre : "They dare to
speak out" ("Ils ont osé parler") publié en
1985 par Lawrence Hill and Company, Paul Findley, qui fut, pendant
vingt-deux ans, Député au Congrès des
États-Unis, a décrit le fonctionnement actuel du
"lobby" sioniste et sa puissance. Cette véritable
"succursale du gouvernement israélien" contrôle
le Congrès et le Sénat, la Présidence de la
République, le "State department" et le Pentagone, de
même que les "médiats", et exerce son influence dans les
Universités comme dans les Églises.
Les preuves et les exemples abondent montrant comment les exigences
des Israéliens passent avant les intérêts des
États-Unis : le 3 octobre 1984, la Chambre des
représentants, à une majorité de plus de 98%,
abroge toute limitation aux échanges entre Israël et les
États-Unis, malgré le rapport défavorable du
Ministère du Commerce et de tous les syndicats (p. 31). Chaque
année, quelles que soient les restrictions de tous les autres
chapitres du budget, les crédits pour Israël sont
augmentés. L'espionnage est tel que les dossiers les plus
secrets sont aux mains du gouvernement israélien. Adlaï
Stevenson (ancien candidat à la Présidence des
États-Unis) écrit dans le ndeg. de l'hiver 75-76 de
"Foreign Affairs" : << Pratiquement aucune
décision concernant Israël ne peut être prise, ou
même discutée, au niveau de l'Exécutif, sans
être aussitôt connue du gouvernement
israélien. >> (p. 126). Malgré le refus
du Secrétaire d'État à la Défense,
fondé sur la loi américaine, de livrer à
Israël, en pleine agression au Liban, des bombes à
fragmentation, arme dirigée contre les civils, les
Israéliens l'obtiennent de Reagan et s'en servent à
deux reprises à Beyrouth pour massacrer la population (p.
143).
En 1973, l'Amiral américain Thomas Moorer (chef
d'état-major interarmes, témoigne :
l'attaché militaire israélien à Washington,
Mordecaï Gur (futur commandant en chef des forces
israéliennes), demande aux États-Unis des avions
armés d'un missile très sophistiqué
(appelé : Maverick). L'Amiral Moorer rappelle qu'il a dit
à Gur : << Je ne peux pas vous livrer ces
avions. Nous n'en avons qu'une seule escadrille. Et nous avons
juré devant le Congrès que nous en avions besoin.
Gur m'a dit : Donnez-nous les avions. Quant au
Congrès, je m'en charge. C'est ainsi, ajoute l'Amiral,
que la seule escadrille équipée de Mavericks est
allée à Israël. >> (p. 161).
Le 8 juin 1967, l'aviation et la marine de guerre israéliennes
bombardent le navire américain "Liberty", équipé
de détecteurs très sophistiqués, pour
empêcher qu'il ne décèle leurs plans d'invasion
au Golan. 34 marins sont tués et 171 blessés. Le navire
est survolé pendant 6 heures, et bombardé pendant 70
minutes. Le gouvernement israélien s'excuse de cette "erreur"
et l'affaire est classée. C'est seulement en 1980 que l'un des
témoins oculaires, Ennes, officier de pont sur le "Liberty",
peut rétablir la vérité, détruisant la
version "officielle" de "l'erreur", entérinée par la
"Commission d'enquête" de l'époque,
présidée par l'Amiral Isaac Kid. Ennes prouve que
l'attaque était délibérée et qu'il
s'agissait d'un meurtre. L'Amiral Thomas L. Moorer, alors que le
livre de Ennes était étouffé par les soins du
"lobby" sioniste, explique pourquoi ce crime a été
passé sous silence : << Le Président
Johnson craignait les réactions de l'électorat
juif...>> L'Amiral ajoute : << Le peuple
américain deviendrait fou s'il savait ce qui se
passe.>> (p. 179).
En 1980, Adlaï Stevenson ayant patronné un amendement
demandant une réduction de 10% de l'aide militaire
apportée à Israël pour exiger qu'il ne continue
pas à installer des colonies dans les territoires
occupés, rappelait que 43% de l'aide américaine allait
à Israël (3 millions d'habitants), pour son armement, au
détriment de 3 milliards d'habitants affamés du
globe.
Adlaï Stevenson conclut ; << Le Premier
Ministre d'Israël a beaucoup plus d'influence sur la politique
étrangère des États-Unis au Moyen-Orient qu'il
n'en a dans son propre pays. >> (p. 92).
Tous les moyens sont bons pour le "lobby" sioniste : de la
pression financière au chantage moral, du boycott des
médiats et des éditeurs à la menace de mort.
Paul Findley conclut : << Quiconque critique la
politique d'Israël doit s'attendre à de douloureuses et
incessantes représailles, et même à la perte de
ses moyens d'existence par les pressions du "lobby" israélien.
Le Président en a peur. Le Congrès cède à
toutes ses exigences. Les plus prestigieuses universités
veillent, dans leurs programmes, à écarter tout ce qui
s'oppose à lui : les géants des médiats et
les chefs militaires cèdent à ses
pressions. >> (p. 315).
Source : Hearings. Part 9. 23 mai 1963.
- Rien n'a changé à cette attitude depuis un
demi-siècle. Le grand Rabbin de France Joseph Sitruk
déclarait à Jérusalem au Premier Ministre
israélien Itzhac Shamir ; << chaque Juif
français est un représentant d'Israël... Soyez
assuré que chaque Juif en France est un défenseur de ce
que vous défendez.>>
Source : Radio israélienne du lundi 9 juillet 1990.
Repris par "Le Monde" du 12 et du 13 juillet 1990 et par le quotidien
de la Communauté juive de France : "Jour J", du jeudi 12
juillet 1990 où il ajoutait ; << Il n'y a pas
dans mon esprit la moindre idée d'une double
allégeance. >> On eût pu en effet s'y tromper!
<< Il existe en France un puissant lobby
pro-israélien exerçant notamment son influence dans les
milieux d'information . >>
(Général de Gaulle)
Source : Philippe Alexandre. "Le préjugé
pro-israélien", "Le Parisien Libéré" du 29
février 1988.
En France, le Général de Gaulle a seul osé
déclaré << qu'il existait en France un
puissant lobby pro-israélien exerçant notamment son
influence dans les milieux d'information . Cette affirmation,
à l'époque, fit scandale. Elle contient pourtant une
part de vérité qui est toujours
d'actualité.>>
Source : Philippe Alexandre. "Le préjugé
pro-israélien", "Le Parisien Libéré" du 29
février 1988.
Depuis lors il n'est aucun candidat à la Présidence
de la République française, à quelque parti
qu'il appartienne, de Michel Rocard à Jacques Chirac, en
passant par Mitterand, qui ne soit allé en Israël pour en
obtenir l'investiture médiatique.
La puissance médiatique du lobby, dont le centre dirigeant,
aujourd'hui constitué par la "L.I.C.R.A." (Ligue
internationale contre le racisme et l'antisémitisme), est
telle qu'elle peut manipuler l'opinion à son gré :
alors que la population juive, en France, constitue environ 2% du
peuple français, le sionisme règne sur la
majorité des décideurs politiques des médiats,
à la télévision et àla radio, dans la
presse écrite, qu'il s'agisse des quotidiens ou des hebdos, le
cinéma - surtout avec l'invasion d'Hollywood - et même
l'édition (par les comités de lecture où ils
peuvent imposer leur veto) sont entre leurs mains, tout comme la
publicité, régente financière des
"médiats".
La preuve en est l'alignement quasi général des
médiats, lorsqu'il s'agit d'inverser, en faveur d'Israël,
le sens des événements : on appelle "terrorisme",
la violence des faibles et "lutte contre le terrorisme" la violence
des forts.
Un juif infirme est jeté par dessus bord sur "l'Achille Lauro"
par un renégat de l'O.L.P.. C'est incontestablement du
terrorisme. Mais lorsque, par représailles, un bombardement
israélien sur Tunis fait 50 morts, dont plusieurs enfants,
cela s'appelle : "lutte contre le terrorisme, et défense
de la loi et de l'ordre".
Comme sous la baguette d'un chef d'orchestre clandestin, l'on entend
la même musique dans tous les "médiats", qu'il s'agisse
des attentats contre la Synagogue de la rue Copernic, ou des
profanations du cimetière de Carpentras, de l'invasion du
Liban ou de la destruction de l'Irak.
Je peux apporter mon témoignage personnel : jusqu'en
1982, j'avais librement accès aux plus grandes maisons
d'édition, à la télé, à la radio,
dans la grande presse.
Au moment de l'invasion et des massacres du Liban, dans le journal
"Le Monde" du 17 juin 1982, j'ai obtenu du Directeur
Jacques Fauvet, la publication d'une page entière,
payée, où, avec le Père Michel Lelong et le
Pasteur Matthiot, nous dégagions :
<< après les massacres du Liban, le sens de
l'agression israélienne >>.
Nous montrions qu'il ne s'agissait pas d'une bavure, mais de la
logique interne du sionisme politique sur lequel est fondé
l'État d'Israël.
Je reçois, par lettres anonymes et par
téléphone, neuf menaces de mort.
La L.I.C.R.A. nous intente un procès pour
"antisémitisme et provocation à la discrimination
raciale".
L'avocat de Jacques Fauvet rappelle qu'on ne peut confondre avec la
communauté juive, et moins encore avec sa foi, l'État
d'Israël, dont les exactions au Liban ont été
dénoncées par de hautes personnalités juives
telles que Mendès France et Nahum Goldmann.
Notre défense, celle du père Lelong, du pasteur
Matthiot et la mienne, émane du texte lui-même :
nous rappelons ce que nos vies doivent à la foi des
prophètes juifs.
Mais le sionisme politique a remplacé le Dieu d'Israël
par l'État d'Israël.
Son comportement, au Liban et en Palestine, en créant d'odieux
amalgames, déshonore le judaïsme aux yeux du monde. Notre
lutte contre le sionisme politique est donc inséparable de
notre lutte contre l'antisémitisme.
Pour ma part, je reprends, devant le tribunal, les analyses de mon
étude "La Palestine, terre des messages divins" :
le sionisme politique, fondé par Théodor Herzl (et
condamné alors par tous les rabbins du monde comme trahison de
la foi juive), découle, non de la foi juive, mais du
nationalisme et du colonialisme européens du XIXe
siècle.
Les dernières survivances du colonialisme de peuplement, en
Palestine comme en Afrique du Sud, se heurtent, par leur racisme
(officiellement dénoncé par l'O.N.U.), à la
résistance des autochtones à l'occupant colonial.
Comme dans tout colonialisme et tout régime d'occupation (nous
l'avons vécu en France sous Hitler), la répression
s'appelle "maintien de l'ordre", et la résistance
"terrorisme".
Écoutant l'avocat de la L.I.C.R.A. qui tente de brosser,
contre moi, un portrait d'antisémite, je me revois, à
Jérusalem, accompagné, au Mur des lamentations, par le
ministre israélien Barzilaï, en 1967, et puis dans la
maison de Nahum Goldmann, alors président du Congrès
juif mondial.
Je me revois, au camp de concentration, avec mon ami Bernard Lecache,
fondateur de la L.I.C.A. (qui deviendra L.I.C.R.A.), qui m'aidait
à préparer mes cours à nos camarades
déportés comme nous, sur "Les Prophètes
d'Israël."
Je revoyais ce vieux militant communiste et athée du Tarn,
nous disant, après une lecture d'Amos par Bernard et
moi : << ça donne un renforcement de
courage ! >>
La domination quasi totale des médiats d'Amérique
et de France par le sionisme israélien impose au monde cette
subversion du sens : un diplomate israélien est
agressé à Londres (Mme Thatcher elle-même prouve,
à la Chambre des communes, que l'auteur de l'attentat ne
relève pas de l'O.L.P.), c'est du "terrorisme". L'armée
israélienne envahit le Liban et y fait des milliers de
morts : l'opération s'appelle "Paix en
Galilée" !
Le 1er janvier 1989, j'entends à la télévision
le bilan de "la révolte des pierres": 327 tués chez les
Palestiniens (la plupart des enfants, jetant des cailloux), et 8 du
côté israélien (la plupart des soldats, tirant
à balle). Le même jour un ministre israélien
déclare: << La négociation ne sera
possible que lorsque les Palestiniens renonceront à la
violence. >> Est-ce moi qui rêve ? Ou bien
cette anesthésie de l'esprit critique est-elle un cauchemar
collectif ? le triomphe du non-sens !
Déjà, en 1969, le Général de Gaulle
dénonçait "l'influence excessive" du lobby sioniste
dans tous les médiats : de la presse à la
télévision, du cinéma à l'édition.
Aujourd'hui, cette "influence excessive" a réussi à
opérer une inversion totale du sens, appelant "terrorisme" la
résistance artisanale des faibles et "lutte contre le
terrorisme" la violence infiniment plus meurtrière des
forts.
Nous avions eu le tort, le père Lelong, le pasteur Matthiot et
moi, de dénoncer le mensonge de cette subversion du sens. Le
tribunal de grande instance de Paris, par arrêté du 24
mars 1983, <<considérant qu'il s'agit de la critique
licite de la politique d'un État et de l'idéologie qui
l'inspire, et non de provocation raciale... déboute la
L.I.C.R.A. de toutes ses demandes et la condamne aux
dépens >>.
La L.I.C.R.A. s'acharne et fait appel. Le 11 janvier 1984, la Haute
Chambre de la Cour de Paris prononce son jugement.
La Cour d'appel cite un passage de notre article où nous
accusons l'État d'Israël de racisme.
La Cour, << considérant que l'opinion
émise par les signataires ne concerne que la définition
restrictive de la judaïcité retenue par la
législation israélienne... confirme le jugement
déféré en ce qu'il a débouté la
L.I.C.R.A. de ses demandes et condamne la L.I.C.R.A. aux
dépens >>.
La L.I.C.R.A. se pourvoit en cassation. L'arrêté de la
Cour de cassation du 4 novembre 1987 enlève tout espoir aux
sionistes de nous déshonorer légalement : la Cour
<< rejette le pourvoi et condamne aux dépens la
demanderesse >>.
L'opération de l'étouffement se poursuit au-delà
du juridique. Le "lobby" sioniste en a les moyens. Si nous avions
été condamnés, nous aurions eu droit à la
Une de toute la presse pour nous clouer au pilori comme
antisémites. Par contre, la condamnation de la L.I.C.R.A. par
les tribunaux a été systématiquement
passée sous silence : même Le Monde, dont
l'ancien directeur, Fauvet, est impliqué avec nous dans ce
combat, s'est contenté d'un articulet incolore.
Par contre le blocus de mon espérance a été
magistralement réalisé. Lors de la parution de la page
du Monde sur la logique du colonialisme sioniste, j'ai
ajouté deux lignes appelant les lecteurs à souscrire
pour payer les frais d'insertion. Le panneau a coûté
cinq millions de centimes. J'en ai reçu sept, par des
centaines de petits chèques. Parmi les donateurs,
près d'un tiers de juifs, dont deux rabbins.
Mais, à partir de là, commence l'asphyxie
médiatique : plus d'accès à la
télévision, mes articles refusés. J'avais
publié quarante livres dans toutes les grandes maisons
d'édition, de Gallimard au Seuil, de Plon à Grasset et
à Laffont. Ils avaient été traduits en
vingt-sept langues. Désormais sont fermées toutes les
grandes portes : l'un de mes plus grands éditeurs
s'entend dire, à son conseil d'administration :
<< Si vous publiez un livre de Garaudy, vous n'aurez
plus les droits de traduction d'ouvrages
américains. >>. M'accepter eût
été faire exploser sa maison. Un autre "grand", pour un
autre ouvrage, dit à sa directrice littéraire qui,
passionnée par le livre, a travaillé trois mois pour
m'aider à le mettre au point : << Je ne
veux pas de Garaudy dans la maison. >>
Telle est l'histoire de l'emmurement d'un homme.
Nos réseaux de résistance au non-sens sont
condamnés à la clandestinité. Et moi-même
à la mort littéraire. Pour délit
d'espérance.
Ce n'est là qu'un exemple dont je puis personnellement
témoigner sur "l'inversion du sens" par le sionisme.
Nous pourrions multiplier les exemples, mais chacun en est chaque
jour témoin : c'est le sens même du crime
hitlérien contre l'humanité tout entière qui est
perverti par la propagande sioniste, qui réduit ce crime
contre l'humanité à un vaste pogrom dont les Juifs
auraient été les seules victimes.
Un pas de plus sera franchi lorsque ces "oukases" seront
imposés par la loi, faisant des magistrats les juges de la
vérité historique en dépit des lois
antérieures sur la liberté de la presse.
Le délit d'opinion est désormais légalisé
par la loi Fabius (ndeg. 43) dite "loi Gayssot", du nom du
député communiste qui a accepté la
paternité de cette loi scélérate), en mai
1990.
Elle consiste à insérer dans la loi de la
liberté de la presse de 1881, un article 24 bis,
disant :
<< Seront punis des peines
prévues par le 6ème alinéa de l'article 24, ceux
qui auront contesté... l'existence d'un ou plusieurs crimes
contre l'humanité tels qu'ils sont définis par
l'article 6 du statut du Tribunal militaire international
annexé à l'accord de Londres du 8 août
1945. >>
Source : Proposition de loi adoptée par
l'Assemblée Nationale transmise par Mr le Président de
l'A.N. à Mr le Président du Sénat, ndeg. 278,
annexe au procès-verbal de la séance du 3 mai 1990.
Le rapport de M. Asensi (député) précisait
(p. 21) : il vous est demandé de créer une
nouvelle incrimination concernant le "révisionnisme".
En outre, il préconisait d'<< élargir les
possibilités données aux associations de se porter
partie civile en cas d'infraction. >> (article 7).
Dès son introduction, le rapporteur définissait le but
poursuivi : <<compléter l'arsenal
répressif existant, de tendre à ce que la loi
pénale... joue pleinement son rôle d'intimidation et de
répression. >> (p. 5).
Source : Rapport ndeg. 1296, annexe au procès verbal
de la séance du 26 avril l990.
Le Tribunal de Nuremberg, nous l'avons montré,
mérite, moins que tout autre, de faire jurisprudence.
Un an après, un amendement était proposé
à la loi par M. Toubon :
<< L'article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881, sur
la liberté de la presse est abrogé. >>
Ce qui annulait la répression proposée par M.
Gayssot contre les historiens "révisionnistes">>, et
refusait de mettre la critique historique sur le même plan que
le racisme ou l'apologie de Hitler.
Voici quelle était son argumentation :
<< Lorsque nous en avons
discuté en 1990, sur la base d'une proposition de loi du
groupe communiste, dont le premier signataire était M.
Gayssot, j'avais contesté - je n'étais pas le seul - le
principe de ce texte, qui consiste à fixer la
vérité historique par la loi au lieu de la laisser dire
par l'histoire.
Certains objectent que si c'est bien l'histoire qui fait la
vérité ce n'est pas à la loi de l'imposer.
Certains propos vont trop loin et il ne faut pas permettre de les
exprimer. Mais c'est glisser insensiblement vers le délit
politique et vers le délit d'opinion.
L'article 24 bis représente, à mon avis, une
très grave erreur politique et juridique. Il constitue en
réalité une loi de
circonstance, et je le regrette
beaucoup. Une année s'est écoulée. Nous ne
sommes pas à un mois des événements de
Carpentras. Nous n'avons pas
à examiner un texte que la conférence des
présidents avait, je le rappelle, inscrit à l'ordre du
jour, en toute
hâte, quarante huit heures
après son dépôt, et qui avait été
discuté immédiatement
parce que le Président de l'Assemblée M. Fabius avait
décidé personnellement son inscription. Un an après, à froid, nous pouvons,
comme je viens de le faire, examiner la validité de cette loi,
la validité de ce délit de révisionnisme
prévu par l'article 24
bis et conclure, avec Simone Veil,
que ce délit est inopportun. >>
Source : Journal officiel du 22 juin 1991, p. 3571.
Débats parlementaires, 2ème séance du 21 juin
1991.
Il était en effet interdit désormais à tout
historien de mettre en cause les conclusions du Tribunal de
Nuremberg dont le Président américain avait pourtant
reconnu loyalement qu'il s'agissait << du dernier acte
de la guerre >> et qu'il
<< n'était donc pas tenu aux règles
juridiques des tribunaux ordinaires en matière de preuve ni de
condamnation. >>
Dans la foulée de cette loi scélérate, la
déclaration de Jacques Chirac du dimanche 16 juillet 1995
marque un moment important de notre histoire : celui de la
rupture avec l'unité de la nation, au profit de la collusion
des renoncements : Lorsque le Président de la
République proclame que << la folie criminelle
de l'occupant a été secondée par les
Français et par l'État
français >> il commet un double crime contre la
France :
* d'abord en parlant de Vichy comme d'un État
français, lui redonnant ainsi une
légitimité ;
* ensuite en avilissant le peuple français en le confondant
avec les dirigeants serviles qui servaient l'occupant.
Ainsi était officialisée la conception sioniste
défendue par Bernard-Henri Lévy, dans son livre :
"L'idéologie française" où il
écrit : << c'est toute la culture
française... ce sont nos plus chères traditions
françaises qui une à une, témoignent de notre
ancienneté dans l'abjection >>.
Il appelle à traquer ce << vieux fond de
purulence >> dissimulé << au
coeur de la pensée française >>, qui
fait de la France << la patrie du national- socialisme
en général >>.
Source : Bernard-Henri Levy. "L'idéologie
française" Grasset, 1981, p. 61, 92 et 125.
Le couronnement de l'affaire c'est que la cérémonie
était présidée par le Grand Rabbin de France,
Sitruk, qui, le 8 juillet 1990, déclarait en Israël,
à Itzac Shamir (celui-là même qui avait offert
ses services à Hitler et dont la politique, celle de
l'État qu'il a présidé, n'a cessé de
violer la loi internationale et de ne tenir aucun compte des
décisions de l'O.N.U.) : <<Chaque juif
français est un représentant d'Israël... Soyez
assuré que chaque juif, en France est un défenseur de
ce que vous défendez. >>
<< sans pour autant, disait-il, à son retour songer
à "une double allégeance". >>
Source : "Le Monde" du 9 juillet 1990.
De tels propos à l'égard de Shamir, qui proposait
son alliance à Hitler, lui auraient plus justement
assigné sa place parmi les pénitents que parmi les
présidents.
Bien entendu cet abaissement du peuple français était
salué avec enthousiasme par les dirigeants du C.R.I.F.
(Conseil représentatif des institutions juives en France)
exprimant << son intense satisfaction de voir
reconnaître enfin, par la plus haute autorité
française, la continuité de l'État
français entre 1940 et 1944. >>
La honte c'est que les dirigeants de tous les partis français,
dans les organes publics, du "Figaro" à l'"Humanité",
aient approuvé ce reniement de Chirac.
C''est le reniement de toute la tradition d'unité
française et de la résistance d'un peuple.
De Gaulle n'a jamais considéré Vichy comme un
État. << Hitler, disait-il, a
créé Vichy >> (Mémoires I, 389)
et parlait des << figurants de Vichy >>
(I, idem p. 130).
<< J'ai proclamé l'illégitimité
d'un régime qui était à la discrétion de
l'ennemi >> (I, p. 107). << Il n'existe
pas de gouvernement proprement français. >> (I,
p. 388, à Brazzaville).
Se référant à l'accord du 28 mars 1940 avec
l'Angleterre excluant toute suspension d'armes séparée
(I, 74), il disait clairement : << l'organisme sis
à Vichy, et qui prétend porter ce nom (État),
est inconstitutionnel et soumis à l'envahisseur... Cet
organisme ne peut être et n'est en effet qu'un instrument
utilisé par les ennemis de la France. >> (I, p.
342)
De Gaulle maintint cette attitude pendant toute la guerre. Le 23
septembre 1941, par ordonnance créant le Comité
National français, il proclamait :
<< Vu nos ordonnances des 27 octobre et 12 novembre
1940, ensemble notre déclaration organique du 16 novembre
1940 ;
Considérant que la situation résultant de l'état
de guerre continue à empêcher toute réunion et
toute expression libre de la représentation
nationale ;
Considérant que la Constitution et les lois de la
République française ont été et demeurent
violées sur tout le territoire métropolitain et dans
l'Empire, tant par l'action de l'ennemi que par l'usurpation des
autorités qui collaborent avec lui ;
Considérant que de multiples preuves établissent que
l'immense majorité de la Nation française, loin
d'accepter un régime imposé par la violence et la
trahison, voit dans l'autorité de la France Libre l'expression
de ses voeux et de ses volontés. ...>>
Source : "Mémoires" I, p. 394.
Il désolidarisait ainsi le peuple français de la
servilité de ses dirigeants.
<< La condamnation de Vichy dans la personne de ses
dirigeants désolidarisait la France d'une politique qui avait
été celle du renoncement national. >>
(III, p. 301).
Évoquant la levée du peuple de Paris, il
écrit :
<< Nul n'ignora, ni chez l'ennemi, ni chez nos amis,
que quatre années d'oppression n'avaient pas pu réduire
l'âme de la capitale, que la trahison n'était qu'une
écume ignoble à la surface d'un corps resté
sain, que les rues, les maisons, les usines, les ateliers, les
bureaux, les chantiers de Paris avaient vu s'accomplir, au prix des
fusillades, des tortures, des emprisonnements, les actes
héroïques de la Résistance. >>
Source : (III, p. 442)
<< Fût-ce aux pires moments, notre peuple n'a
jamais renoncé à lui-même. >>
(III, p. 494).
Voilà ce que Chirac, en quelques mots, a renié pour
ménager le pouvoir médiatique des dirigeants sionistes,
et, par là-même, la vassalité à
l'égard des États-Unis, proie du lobby sioniste, qui
lui a fait déjà abandonner son opposition à
Maastricht, ruine de la France, et confirmer sa soumission aux
diktats américains du G.A.T.T. (rebaptisé "Accords
internationaux sur le commerce") qui détruisent les
possibilités d'indépendance et de renouveau de la
France par le changement radical de ses rapports avec le Tiers Monde.
Le sionisme a aussi toujours agité l'épouvantail
antisémite pour faire croire à une menace permanente
contre Israël et à la nécessité d'accourir
à son secours. De récentes provocations,
destinées à masquer les exactions d'Israël, ne
manquent pas. La méthode est toujours la même. Au moment
des massacres de Sabra et de Chatila, l'écrivain Tahar Ben
Jelloun écrivait :
<< Il est des coïncidences qui, à force de
se répéter, finissent par devenir un indice majeur. A
présent on sait à quoi sert un attentat
antisémite en Europe, et à qui profite le crime :
il sert à couvrir un massacre délibéré
des populations civiles palestiniennes et libanaises. On peut
constater que ces attentats ont précédé, suivi,
ou coïncidé avec un bain de sang à Beyrouth. Ces
opérations terroristes sont montées de telle
manière et exécutées avec une telle perfection
qu'elles ont jusqu'à présent rempli directement ou
indirectement l'objectif politique poursuivi : dévier
l'attention à chaque fois que la question palestinienne
acquiert un peu plus de compréhension, voire de sympathie. Ne
s'agit-il pas de renverser systématiquement la situation pour
faire des victimes des bourreaux et des terroristes? En faisant des
Palestiniens des "terroristes", on les expulse de l'histoire, et par
conséquent du droit.
La tuerie de la rue des Rosiers, le 9 août, n'a-t-elle pas
précédé de quelques heures le déluge de
bombes en tout genre sur Beyrouth ?
L'assassinat de Bechir Gemayel n'a-t-il pas été suivi,
deux heures après, par l'entrée à Beyrouth-ouest
de l'armée israélienne (ce qui, du même coup,
éclipsa la visite historique de Yasser Arafat au
Pape) ?
L'explosion de la voiture piégée rue Cardinet, et la
fusillade, le lendemain, devant la synagogue de Bruxelles,
n'ont-elles pas coïncidé avec le massacre sans
précédent des camps palestiniens de Sabra et
Chatila ? >>
Source : "Le Monde" du mercredi 22 septembre 1982, p. 2.
Il est des précédents historiques dont nous
devrions tirer des leçons : un effort systématique
pour modeler l'opinion, en la saturant d'une "information"
d'inspiration ethnocentrique, nourrit l'antisémitisme.
<< A Berlin, le théâtre, le journalisme,
etc.. c'était une affaire juive. Le "Berliner Tageblatt"
était le journal allemand le plus important, et, après
lui le "Vosiche Zeitung". Le premier appartenait à
Mossé, le second à Ulstein, tous les deux juifs. Le
Directeur du "Vorwärtz" principal journal
socio-démocrate, était juif. Quand les Allemands
accusaient la presse d'être juive, "Judenpresse",
c'était la pure vérité. >>
Source : Y. Leibowitz : "Israël et
judaïsme" Desclée de Brouwer. 1993. p. 113. (chapitre sur
les sources de l'antisémitisme.)
L'exemple le plus récent de ces manoeuvres et de leur
exploitation médiatique est celui de Carpentras.
En mai 1990, au cimetière juif de Carpentras, des tombes
étaient profanées. Le cadavre de l'un des morts
était empalé et transporté sur une autre
tombe.
Le Ministre de l'Intérieur, Pierre Joxe, déclarait
aussitôt : << Il n'y a pas besoin
d'enquête policière pour savoir qui sont les criminels,
coupables de cette "abomination raciste">>. Pourtant, cinq
ans après, et malgré l'envoi de dizaines
d'enquêteurs, magistrats ou policiers, personne ne peut
aujourd'hui dire avec certitude quels sont les coupables de cette
infamie.
Tout ce que l'on sait c'est qu'il y a eu profanation du
cimetière juif, qu'il y a eu un "montage", car le cadavre de
Monsieur Germon n'avait pas été empalé, comme
l'ont reconnu les enquêteurs quelques jours après. L'on
peut alors se demander par qui ? Pourquoi ? Qui avait
intérêt à ce "montage" pour accroître
l'horreur de l'événement et exciter la haine de
l'opinion publique.
La méthode fut pratiquée à Timisoara où
l'on sortit de la morgue des cadavres pour que les photographies
répandues dans le monde entier déchaînent plus
d'indignation et de haine contre de prétendus massacres
massifs.
Jean Marie Domenach (ancien directeur de la revue "Esprit")
écrivait dans "Le Monde" du mercredi 31 octobre 1990, sous le
titre "Silence sur Carpentras": << Voici près de
six mois qu'a eu lieu la profanation du cimetière juif de
Carpentras... Six mois plus tard on ne sait toujours pas qui sont les
criminels. Chose encore plus troublante : les médias
écrits et audiovisuels qui avaient fait de cet abominable
événement un scandale qui jeta dans les rues des
centaines de milliers de manifestants et ternit à
l'étranger la réputation de la France n'ont pas
cherché à prendre le relais de l'enquête et se
taisent. Nul parlementaire, nulle autorité morale ou
intellectuelle n'ose interpeller le gouvernement. Carpentras semble
être entré définitivement dans la légende
noire de la nation sans qu'on connaisse les coupables et sans qu'on
sache exactement ce qu'il s'est passé. Nul ne peut, ou n'ose,
dire encore la vérité sur Carpentras. >>
L'étrange "silence sur Carpentras", dénoncé
par Jean-Marie Domenach, contraste avec le vacarme médiatique
des premiers jours.
Lors de la manifestation organisée le 14 mai 1990, quatre
vingt mille personnes selon la police, 200.000 selon les
organisateurs, avaient défilé dans Paris. Le bourdon de
Notre-Dame avait sonné en leur honneur.
En réalité, personne ne savait quels étaient les
auteurs de l'infamie de Carpentras. Alors, contre qui manifestait
on ?
Contre qui ? l'enquête seule aurait pu le dire et ne l'a
pas dit.
Mais au profit de qui ?
La chose était évidente : le drapeau d'Israël
resplendissait en tête de la Manifestation.
Cette étrange "Union Nationale", au cours de cette
Manifestation où Georges Marchais serrait ostensiblement la
main de François Léotard, permettait de lancer une
attaque globale contre quiconque mettait en doute les dogmes
plaçant Israël au-dessus de toute loi internationale. Le
grand Rabbin Sitruk qui prononçait l'allocution
définissant le sens de la manifestation pouvait
s'écrier : << Ne laissons pas dire
n'importe quoi. Aux professeurs "révisionnistes", aux hommes
politiques irresponsables, donnons la leçon >>
Source : Le "Méridional". Lundi 14 mai 1990.
La vérité sur la profanation de Carpentras n'est
pourtant toujours pas établie parce que de toutes les pistes
suggérées aux enquêteurs, une seule a
été exclue, qui est pourtant la plus vraisemblable.
Pourquoi le silence fut-il ordonné à ceux qui auraient
pu être les témoins les plus
nécessaires ?
<< Le gardien de la synagogue de Carpentras et
détenteur de la clé du cimetière, M. Kouhana,
qui avait été l'un des premiers à
découvrir le corps de Félix Germon, refuse de nous
parler : << Même si vous aviez
été le Préfet, j'ai reçu la consigne de
ne rien dire. >> Le Président du consistoire lui a
interdit de s'exprimer << car il aurait dit n'importe quoi
à la télé >>, justifie le docteur
Freddy Haddad, lui-même très réticent pour
évoquer la profanation, tout comme le Rabbin
Amar. >>
Source : "Var Matin" magazine, du lundi 15 avril 1995,
Article des reporters Michel Letereux et Michel Brault.
Pourquoi le Rabbin de Carpentras, à qui l'on demandait si
l'on ne resanctifierait pas les lieux répondit-il :
<< Ce n'est pas de mon
ressort ! >>, le Président du
Consistoire : << Çà n'a aucune
raison d'être ! >>. Et le Maire :
<<On ne m'a rien demandé.>>
Source : même article de "Var Matin", du lundi 15
avril 1995.
Pourquoi aucun journal français n'a-t-il
évoqué le précédent - exactement
semblable - d'une telle "profanation" qui s'était produite
dans le cimetière israélien de Rishon Letzion,
près de Tel-Aviv, dans la nuit du 2 mars 1984 : le corps
d'une femme y avait été déterré et
jeté hors du cimetière juif. "Acte barbare
d'antisémitisme", proclamèrent aussitôt les
communautés juives du monde entier. Quelques jours plus tard
la police israélienne, après enquête,
révélait le sens véritable de cette
abjection : le cadavre aussi honteusement traité
était celui de Madame Teresa Engelowicz, épouse d'un
juif, mais d'origine chrétienne. Les intégristes juifs
considéraient sa présence dans le cimetière juif
comme souillant la pureté des lieux et le Rabbin de Rishon
Letzion avait déjà réclamé son
exhumation.
Pourquoi aucun journal français n'a évoqué le
parallélisme ? Monsieur Germon, dont le cadavre avait
été lui aussi exhumé dans la nuit et avait fait
l'objet du sinistre "montage" de l'empalement, était, lui
aussi "coupable" d'avoir épousé une chrétienne,
et son cadavre fut transporté sur une tombe voisine, celle de
Madame Emma Ullma, coupable, elle aussi d'avoir épousé
un catholique ?
Pourquoi personne n'a-t-il rappelé qu'en Israël, pour
convaincre qu'avant Israël, la Palestine était un
"désert", des centaines de villages ont été
rasés au bulldozer avec leurs maisons, leurs clôtures,
leurs cimetières et leurs tombes ?
Source : Israël Shahak, "Le racisme de l'État
d'Israël" p. 152 et suivantes.
Au lendemain de la "Journée de la démocratie"
à l'Université hébraïque de
Jérusalem des étudiants juifs ont posé la vraie
question :
<< Pourquoi ne pas protester quand vous savez que la
rue Agron de Jérusalem et l'Hôtel Hilton de Tel-Aviv
sont construits sur des cimetières
musulmans détruits ? >>
Source : "Les étudiants de l'Organisation
socialiste israélienne." Matzpen", P.O.B. 2234.
Jérusalem.
le financement extérieur d'Israël
<< La force du poing juif vient du gant d'acier
américain qui le recouvre, et des dollars qui le
capitonnent. >>
Source : Yeshayahou Leibowitz, dans "Judaïsme et
Israël", p. 253.
En ce qui concerne les sommes versées par l'Allemagne
à l'État d'Israël, je laisse la parole à
celui qui fut le principal négociateur du montant des
réparations, M. Nahum Goldmann, qui en a relaté le
détail dans son "Autobiographie" qu'il m'a amicalement
dédicacée le 23 avril 1971, pour me remercier des
missions que j'avais accomplies, sur sa demande, deux ans plus
tôt, auprès de Nasser, après la guerre des
Six-jours.
<< Au début de l'année 1951, Israël
entra pour la première fois en scène en adressant aux
quatre Alliés deux notes dans lesquelles les revendications
juives concernant les dédommagements par la nouvelle Allemagne
se montaient à la somme d'un milliard et demi de dollars sur
laquelle une moitié devait être payée par
l'Allemagne de l'Ouest et l'autre par l'Allemagne de l'Est. Ce total
se fondait sur le calcul suivant :
Israël avait accueilli cinq cent mille Juifs environ, et la
réintégration économique d'un fugitif
coûtait environ trois mille dollars. Ayant sauvé ces
victimes du nazisme, ayant assumé personnellement une
énorme charge financière, Israël s'estimait en
droit d'imposer ses exigences au nom du peuple juif bien que sans
base légale, puisque l'État juif n'existait pas sous le
régime nazi. >> (p. 262).
<< C'est dans ces circonstances que le ministre
israélien des Affaires Étrangères s'adressa
à moi au cours de l'été I951 en tant que
président de la Jewish Agency pour la Palestine et me demanda
de convoquer à une conférence les grandes organisations
juives des États-Unis, des pays du Commonwealth britannique et
de France, afin d'appuyer les revendications israéliennes et
de trouver un moyen pour les faire admettre. >> (p.
263).
<<Les négociations que nous envisagions devaient
être d'une nature très particulière. Elles
n'avaient aucun fondement juridique.. >> (p. 268).
<<Avec beaucoup de courage et de grandeur, le chancelier
fédéral avait accepté comme base de la
discussion la somme d'un milliard de dollars mais je savais qu'un
parti hostile à une addition aussi gigantesque s'était
déjà formé au sein du gouvernement, parmi les
chefs de partis politiques, dans le monde de la banque et de
l'industrie. Il me fut répété de
côtés très différents qu'il était
inutile de compter sur des sommes même
approchantes. >>
<<Dans la première phase des négociations entre
les Allemands et la délégation de la Claims Conference,
on en vint à un accord général au sujet des
indemnisations et de la législation réglementant les
dédommagements. On remit à une phase ultérieure
le problème de la revendication globale se montant à
une somme de cinq cents millions de marks... >>.
<<Après de longues conversations, cette partie des
entretiens se termina par l'accord de la délégation
allemande qui s'engageait à recommander auprès du
gouvernement une revendication israélienne de trois milliards
de marks (25 % de moins que ce que nous avions
demandé). >> (p. 272).
<<Je dus me rendre à nouveau à Bonn le 3
juillet où je fis la concession suivante : 10 % des cinq
cents millions seraient destinés aux victimes non juives du
nazisme et répartis par le gouvernement allemand
lui-même. >> (p. 282).
<<...les traités devaient être signés le
10 septembre 1952 à Luxembourg ; le chancelier
représenterait l'Allemagne, le ministre des Affaires
étrangères Moshé Sharett, Israël, et
moi-même la Claims Conference. >> (p. 283).
<<...les livraisons allemandes ont été un
facteur décisif dans l'essor économique d'Israël
pendant ces dernières années. Je ne sais pas quel
aurait été le sort d'Israël dans certains moments
critiques de son économie, si l'Allemagne n'avait pas tenu ses
engagements. Les voies ferrées, les téléphones,
les installations portuaires, les systèmes d'irrigation, des
branches tout entières de l'industrie et de l'agriculture ne
seraient pas dans leur état actuel sans les réparations
allemandes. Enfin, des centaines de milliers de victimes juives du
nazisme ont reçu ces dernières années des sommes
importantes au titre de la loi d'indemnisation. >>
(p. 286).
<<Lorsque le matin de mon arrivée je me rendis chez
le premier ministre israélien David Ben Gourion, celui-ci vint
à moi avec un air solennel : << Toi et moi
avons eu le bonheur de vivre deux miracles, la création de
l'État d'Israël et la signature de l'accord avec
l'Allemagne. J'ai été responsable du premier et toi du
second. >> (p. 284).
Source : Nahum Goldmann : "Autobiographie". Ed. Fayard,
Paris. 1969.
Dans un autre de ses livres : "The Jewish paradox",
Nahum Goldmann ne raconte pas seulement ses négociations avec
l'Allemagne, mais la manière dont il tira aussi des
"réparations" de l'Autriche et du Chancelier Raab. Il dit au
Chancelier : << Vous devez payer des
réparations aux juifs ! >>
-- << Mais nous avons été victimes de
l'Allemagne ! >> dit Raab.
Et Goldmann reprit : << En ce cas je vais louer le
plus grand cinéma de Vienne, et, chaque jour, je passerai le
film montrant l'entrée des troupes allemandes et d'Hitler,
dans Vienne, en mars 1938. >>
Raab dit alors : << D'accord, vous aurez votre
argent ! >>
C'était de l'ordre de 30 millions de dollars. Un peu plus tard
Goldmann revint : << Il faut 30 millions de
plus ! >>
-- << Mais, dit Raab, nous étions d'accord
pour seulement 30 millions >>
<< Maintenant, vous devez donner
plus ! >> dit Goldmann, et il les obtint. Il
revint une troisième fois et obtint la même somme
(31.8507).
Il y eut deux autres sources de financement de ce que certains
appelaient "le miracle israélien" sur le plan
économique, et aussi du gigantesque armement (y compris
nucléaire) de l'État d'Israël, qui rend
dérisoire l'image si souvent utilisée d'un petit David
avec sa fronde en face du géant Goliath. Dans les guerres
actuelles, la force ne se mesure pas à la quantité de
soldats mobilisables, mais à l'équipement technique de
l'armée : celle d'Israël, grâce aux flux
financiers qui ont déferlé sur le pays, dispose d'une
puissance de frappe infiniment supérieure à celle de
tous les États arabes réunis.
Outre les "réparations", Israël dispose d'un
approvisionnement pratiquement illimité, en armes et en
argent, venant pour l'essentiel des États-Unis, où son
lobby tout puissant s'est révélé
particulièrement efficace, et aussi des dons venus de la
"diaspora".
M. Pinhas Sapir alors Ministre des finances d'Israël, à
Jérusalem, a révélé en 1967, à la
"Conférence des milliardaires juifs" (sic), que de 1949
à 1966, l'État d'Israël a reçu 7 milliards
de dollars.
Source : "The Israeli Economist" de septembre 1967, ndeg.
9.
Le Docteur Yaakov Herzog, Directeur général du
cabinet du Premier Ministre israélien, définit ainsi le
but de ces réunions : << Examiner
comment attirer de plus importants investissements en Israël, et
mêler étroitement à l'économie
israélienne les détenteurs de capitaux juifs
résidant à l'étranger, en sorte qu'ils aient un
sentiment immédiat de responsabilité et de
participation... Nous planifions maintenant autre chose : une
espèce de dialogue grandiose sur l'identification de la
Diaspora avec Israël, dans le cadre de la lutte contre
l'assimilation à l'étranger. >>
L'opération s'est révélée payante,
puisque les organisations juives américaines envoient chaque
année, en moyenne, un milliard de dollars à
Israël. (Ces contributions, considérées comme
"charitables", sont déductibles de la feuille d'impôts
du donateur, c'est-à-dire qu'elles retombent sur le
contribuable américain, même si elles servent à
épauler "l'effort de guerre" d'Israël. Mais l'essentiel
vient, néanmoins, directement de l'État
américain, dont "l'aide" s'élève à plus
de trois milliards de dollars par an).
Près de la moitié de cette aide - officielle - consiste
en dons et en "prêts" qui sont "oubliés" très
vite... Le reste va s'ajouter à la dette
étrangère israélienne, qui est en accroissement
rapide, et approche actuellement de vingt milliards de dollars - soit
une moyenne, sans précédent, de cinq mille dollars par
tête d'habitant.
L'essentiel de cette aide annuelle est constitué par des
livraisons d'armements, pour lesquelles le Congrès, soucieux
d'en limiter le caractère spectaculaire, et d'éviter
les critiques du public, a prévu un mode spécial de
financement dans son Arms Export Control Act, de 1976.
Pour mesurer la signification de ces chiffres de financement
extérieur, il suffit de rappeler que l'aide du Plan Marshall,
accordée de 1948 à 1954 à l'Europe de l'Ouest, a
atteint treize milliards de dollars, c'est-à-dire que
l'État d'Israël a reçu pour moins de deux millions
d'habitants, plus de la moitié de ce qu'ont reçu deux
cent millions d'Européens. C'est-à-dire cent fois plus,
par tête d'habitant, que les Européens.
Deuxième élément de comparaison : la
moyenne de l'aide annuelle reçue par les "pays
sous-développés" durant la période 1951-1959 n'a
pas dépassé 3.164 milliards de dollars alors
qu'Israël, avec (à cette époque) 1,7 millions
d'habitants, en recevait 400 millions, c'est-à-dire qu'avec
moins d'un millième de la population
"sous-développée" du globe, Israël a reçu
un dixième du total. Deux millions d'Israéliens ont
reçu, par tête, cent fois plus que deux milliards
d'habitants du Tiers Monde.
Toujours pour donner des comparaisons claires : les sept
milliards de dollars reçus, en dix huit ans, comme don, par
Israël, représentent plus que le total du revenu national
annuel du travail de l'ensemble des pays arabes voisins
(Égypte, Syrie, Liban, Jordanie), qui était, en l965,
de six milliards.
Si l'on tient compte de la seule contribution américaine, l'on
s'aperçoit que, de 1945 à 1967, les États-Unis
ont donné 435 dollars à chaque Israélien, et 36
dollars à chaque Arabe, ou, en d'autres termes, que l'on
attribue à 2,5% de la population 30% de l'aide
attribuée aux 97,5% restant.
Source : D'après les statistiques de l'O.N.U. parues
dans "Le courant international des capitaux à long terme et
les donations publiques" (1951-1959) Citées par Georges Corm
dans les "finances d'Israël" (IPS, 1968).
Mais les méthodes de financement de l'État
d'Israël sont plus ambitieuses encore : elles tendent
à créer, en faveur de cet État, un réseau
financier mondial dont il orienterait les investissements. (A
l'occasion, en 1967, de la première "Conférence des
milliardaires juifs").
Une récente thèse de doctorat, présentée
à l'Université de Paris II, par Monsieur Jacques
Bendélac, et publiée sous le titre : "Les fonds
extérieurs d'Israël" fournit sur ces
différents aspects des finances israéliennes des
chiffres précis, tirés de sources
irrécusables.
Source : Jacques Bendélac : "Les fonds
extérieurs d'Israël", Ed. "Economica". Paris, 1982.
L'auteur s'attache essentiellement à l'étude des
rapports entre les contributions de la Diaspora et l'aide directe du
gouvernement américain.
Il caractérise ainsi l'évolution de ces rapports :
<< Si la Diaspora était, jusqu'à une date
récente (les années 70), le principal fournisseur de
capitaux d'Israël, la tendance actuelle indique que l'aide
gouvernementale américaine, (2 milliards de dollars par an
environ), dépasse largement les contributions
financières de la Diaspora (environ 900 millions de dollars
par an). >>
C'est ainsi que, pour l'année fiscale 1980, la vente d'un
milliard de dollars d'armements a été autorisée
au profit d'Israël. Mais, tout de suite après ces
livraisons, la moitié de la somme - cinq cents millions,
consentis sous forme de prêts - était effacée...
et le reste venait grossir la dette d'Israël vis-à-vis du
gouvernement américain... Une dette pour le remboursement de
laquelle il bénéficie de délais de grâce
de plus de dix ans. De plus, compte tenu de l'aggravation constante
de la situation économique d'Israël depuis 1973, ces
remboursements sont fictifs, dans la mesure où les versements
sont aussitôt compensés par une nouvelle aide annuelle
accrue des USA.
Source: T. Stauffer, Christian Science Monitor du 20
décembre 1981.
Déjà, lors de l'agression israélienne de
1956 contre l'Égypte, l'apport américain en armement
était gigantesque ; le sioniste Michel Bar Zohar
écrit : << A partir du mois de juin, des
quantités énormes d'armement commencèrent
à affluer en Israël, aux termes d'un accord ultra-secret,
et ces livraisons ne seront connues ni de Washington, ni de
l'organisme anglo-franco-américain chargé de veiller
sur la balance des forces au Moyen-Orient, ni par le Quai d'Orsay,
jalousement opposé à un rapprochement trop
risqué avec Israël, qui compromettrait ce qui reste de
liens entre la France et sa clientèle arabe. >>
Source : Michel Bar Zohar : "Ben Gourion, le
Prophète armé", Ed. Fayard, Paris, 1966, Chapitre
27.
Une deuxième source financière est
constituée par les Bons de l'État d'Israël, titres
en dollars, vendus à l'étranger, mais dont le
remboursement et les intérêts sont payés en
monnaie israélienne.
Ces bons (dont 99,8%, en 1951, étaient vendus aux
États-Unis, et encore 80% en 1978) ont mis à la
disposition de l'économie israélienne plus de 5
milliards de dollars.
Source : State of Israël Bonds, Jerusalem-New-York,
Americ. Jewish Yearbook, 1972, p. 273; 1978, p. 205; 1980, p.
153.
Entre les "dons" et les "bons", l'État sioniste a
reçu, de 1948 à 1982, près de onze milliards et
demi de dollars.
Source : Statistical abstract of Israël (annuel) et Bank
of Israël, Annual Reports.
Une telle efficacité implique ce que M. Bendélac
appelle la << collusion entre le pouvoir et le monde de
la finance >> dans le mouvement sioniste. Il en donne,
pour la France, une illustration saisissante, en 1982 :
<< Guy de Rothschild est président du Fonds
Social Juif Unifié et de l'A.U.J.F. ;
David est trésorier du F.S.J.U. et membre français du
Conseil d'administration de l'Agence juive ;
Alain a été président du Conseil
Représentatif des Institutions juives de France et du
Consistoire Israélite Central ;
Elie est président du Comité exécutif de
l'A.U.J.F. ;
Edmond est président de l'Organisation Européenne des
Bons d'Israël ;
enfin Alix de Rothschild était présidente mondiale de
l'"Aliya des Jeunes".>>
Source : Bendélac, op. cit. p. 76.
Mais la dépendance est plus grande encore à
l'égard du gouvernement américain, surtout depuis les
années 70.
<< Au moment de la guerre des Six Jours, le
déficit extérieur atteignait 700 millions de dollars,
et dépassa le milliard de dollars au début des
années soixante-dix. L'apport financier du judaïsme
mondial ne suffisait plus à satisfaire les besoins en capitaux
de l'économie israélienne ; il fallut alors faire
appel à l'aide du gouvernement américain, qui fournit
d'abord des crédits militaires, avant d'étendre son
aide au secteur économique, après la guerre du Kippour.
Cet apport de capitaux du gouvernement américain se traduisit
par un accroissement spectaculaire de l'endettement extérieur
d'Israël, qui dépassait les 20 milliards de dollars en
1982. Ainsi, la détérioration de l'aide
financière de la Diaspora, depuis le début des
années soixante-dix, peut s'analyser par rapport à deux
aspects de la dépendance économique
d'Israël : l'aide gouvernementale américaine, et le
poids de la dette extérieure. >>.
Source : Bendélac, op. cit. p. 79.
Depuis 1948, l'aide du gouvernement américain à
Israël a atteint près de 18 milliards de dollars,
répartis, à parts égales entre prêts et
dons, les deux-tiers étant destinés à des fins
militaires.
Source : jusqu'en 1977 : Trésor, Division des
échanges extérieurs. De 1978 à 81. Ambassade des
États-Unis (Tel-Aviv).
L'accélération de cette aide est
vertigineuse : en général inférieure
à 100 millions de dollars jusqu'en 1975, et à 2
milliards de dollars jusqu'en 1981. En janvier 1985 l'État
d'Israël réclame encore 12 milliards de dollars pour 8
ans.
Quant à la dette extérieure, elle passe de 6 milliards
de dollars en 1973, à 10 milliards en 1976, à 17
milliards de dollars au 1er janvier 1981, soit le chiffre record de 4
350 dollars par habitant !
L'aide s'accroît avec les contrats de sous-traitance, notamment
pour l'aviation (par exemple, la Israël Aircraft Industries
reçoit des contrats de fabrication d'éléments
pour les F-4 et F-15).
Enfin l'aide économique comporte des facilités
accordées aux exportations israéliennes aux USA, qui
bénéficie des tarifs préférentiels des
"pays en voie de développement", moyennant quoi 96% de ces
exportations (un milliard de dollars) entrent aux États-Unis
libres de toutes taxes.
En bref, un seul chiffre suffit à définir le
caractère de l'État sioniste d'Israël : le
total de "l'aide" officielle américaine qu'il reçoit,
à elle seule, correspond à plus de 1 000 dollars par
tête d'habitant, c'est-à-dire, comme pourboire
ajouté à son revenu national, plus de trois fois le
revenu national brut, par tête d'habitant, de l'Égypte,
et de la plupart des pays africains.
Le Professeur Yeshayahou Leibowitz, de l'Université
hébraïque de Jérusalem, qui composa un ouvrage
majeur sur la "Foi de Maïmonide", (traduit en français en
1992, à Paris, aux Éditions du Cerf), et dirigea
pendant vingt ans la composition de "l'Encyclopédie
hébraïque", dans son livre : "Israël et
Judaïsme", paru en hébreu, à Jérusalem,
en 1987, (et traduit en français, aux Éditions
Desclée de Brouwer en 1993, peu avant sa mort), résume
ainsi, du point de vue d'un juif ulcéré dans sa foi de
sioniste religieux vivant en Palestine depuis 1934, son
opinion sur le sionisme politique :
<< Notre système est pourri à la
base >> (p. 255). Et ceci pour deux raisons:
1deg.- << Le malheur provient de ce que tout s'articule
au problème de la Nation et de
l'État. >> (p.182). Si l'État et la
Nation sont tenus pour une fin en soi, alors << le
judaïsme est rejeté puisque le plus important c'est
l'État d'Israël >> (p. 182)
<< Le nationalisme est la destruction de l'essence de
l'homme. >> (p. 182) << L'État
d'Israël n'est pas un État qui possède une
armée, mais une armée qui possède un
État. >> (p. 31)
2deg.- La dépendance de cet État à
l'égard des États-Unis << Chez nous
l'effondrement total peut se produire en une nuit :
conséquence de la stupidité totale qui fait
dépendre toute notre existence de l'aide économique
américaine. >> (p. 225)
<< Les américains ne sont
intéressés que par l'idée de maintenir ici une
armée de mercenaires américains sous l'uniforme de
Tsahal >> (p. 226). La force du poing juif vient du
gant d'acier américain qui le recouvre, et des dollars qui le
capitonnent. >> (p. 253).
a)--Du bon usage des mythes comme étapes de l'humanisation
de l'Homme
Tous les peuples, avant même la découverte de
l'écriture, ont élaboré des traditions orales,
reposant parfois sur des événements réels, mais
ayant pour caractère commun de donner une justification
souvent poétique de leurs origines, de leur organisation
sociale, de leurs pratiques cultuelles, des sources du pouvoir des
chefs ou des projets futurs de la communauté.
Ces grands mythes jalonnent l'épopée de l'humanisation
de l'homme, exprimant, par le récit des exploits d'un dieu ou
d'un ancêtre légendaire, les grands moments de la
levée de l'homme prenant conscience de ses pouvoirs et de ses
devoirs, de sa vocation au dépassement de sa condition
présente, à travers des images concrètes,
nées de son expérience ou de ses
espérances ; il projette un état ultime de
l'avenir où seraient accomplis tous ses rêves de bonheur
et de "salut".
Pour ne retenir que quelques exemples empruntés aux divers
continents, le Ramayana de l'Inde nous donne, à travers le
récit des épreuves et des victoires de son héros
Rama et de son épouse Sita, la plus haute image de l'homme et
de la femme, leur sens de l'honneur, de la fidélité aux
exigences d'une vie sans tache. Le nom même du héros
Rama est proche de celui de DIEU : Ram. La puissance du mythe
est telle, très au-delà du récit, qu'elle
inspirera pendant des millénaires la vie des peuples en
élevant une image grandiose de l'homme à l'horizon de
leur vie : des siècles après la version de
Valmiki, rassemblant par l'écriture les plus belles traditions
orales, le poète Tulsidas, au XVème siècle,
réécrira le Ramayana en fonction d'une vision mystique
plus profonde, le poème toujours inachevé de
l'ascension humaine, et lorsque, en mourant, Gandhi bénira son
assassin, c'est le nom de RAM qui, le dernier, sortira de ses
lèvres.
Il en est de même du Mahabaratha, culminant dans la Bhagavad
Gita, où le prince Arjuna se pose, en pleine bataille de
Kurukshetra, la question ultime du sens de la vie et de ses
combats.
Dans une autre civilisation, c'est-à-dire dans une
autre conception des rapports de l'homme avec la nature, avec les
autres hommes et avec DIEU, l'Iliade, dont toutes les traditions
orales populaires sont attribuées à un auteur qui leur
a donné une forme écrite, Homère (comme Valmiki
pour le Ramayana) projette l'image la plus haute que l'on pouvait
dresser de l'homme, à travers, par exemple, le personnage
d'Hector marchant à la mort prédestinée d'un pas
inflexible pour le salut de son peuple.
De même le "Prométhée" d'Eschyle
deviendra, plus de deux millénaires plus tard, au XIXe
siècle, avec le "Prométhée
Déchaîné" de Shelley, le symbole
éternel de la grandeur des luttes libératrices, comme
l'appel d'Antigone à ces "lois non-écrites" dont
l'écho n'a cessé de retentir dans la tête et le
coeur de tous ceux qui entendent "vivre haut", plus haut que les
écritures, les pouvoirs et les lois.
Les grandes épopées initiatiques de l'Afrique
comme celles du Kaydara, dont, en les faisant passer de la
tradition orale des griots à l'oeuvre écrite, Hampate
Ba s'est fait l'Homère ou le Valmiki de l'Afrique, comme les
auteurs anonymes de l'Exode des tribus aztèques, ou comme
Goethe en qui mûrit, pendant sa vie entière,
"Faust", le mythe de tous les vouloirs du XIXe siècle
européen, ou comme Dostoïevski écrivant, avec son
roman "L'Idiot", sous les traits du prince Muichkine, une
version nouvelle de la vie de Jésus, briseur de toutes les
idoles de la vie moderne, semblable à cette autre vie de
Jésus à travers les aventures de Don Quichotte, le
chevalier Prophète, se heurtant sans faiblir à toutes
les institutions d'un siècle qui voyait naître le
règne nouveau de l'argent, où une
générosité sans peur et sans reproche ne pouvait
aboutir qu'à la dérision et à
l'échec.
Ce ne sont là que des exemples de cette "Légende des
siècles" qui sonne une fois encore le réveil des
hommes avec Victor Hugo.
Leur ensemble constitue la véritable "histoire sainte" de
l'humanité, l'histoire de la grandeur de l'homme, s'affirmant,
même à travers ses tentatives avortées, pour
dépasser les coutumes et les pouvoirs.
Ce que l'on appelle "L'Histoire", est écrite par les
vainqueurs, les maîtres des empires, les généraux
ravageurs de la terre des hommes, les pillards financiers des
richesses du monde assujettissant le génie des grands
inventeurs de la science et des techniques à leur oeuvre de
domination économique ou militaire.
De ceux là, les traces sont restées, inscrites dans des
monuments de pierre, des forteresses, des arcs de triomphe, des
palais, dans des écrits à leur gloire, dans les images
ciselées dans la pierre, comme à Karnak, bande
dessinée des férocités de Ramsès, ou dans
les mémoires apologétiques des chroniqueurs comme
Guibert de Nogent, chantre des Croisades, ou dans les
mémoires des rapaces de la domination, comme la "Guerre des
Gaules" de Jules César, ou le "Mémorial de
Saint-Hélène" où Napoléon vantant
avec la plume complaisante de Las Cases, les exploits par
lesquels il a laissé une France plus petite qu'il ne
l'avait trouvée.
Cette histoire ne dédaigne pas, au passage, de mettre à
son service les mythes, en les enchaînant à son char de
victoire.
b) - Le mythe déguisé en histoire et son utilisation
politique
La lecture de ce livre sur les "Mythes fondateurs de la politique
israélienne" ne doit créer aucune confusion, ni
religieuse, ni politique.
La critique de l'interprétation sioniste de la Thora, et des
"livres historiques", (notamment ceux de Josué, de Samuel et
des Rois) n'implique nullement une sous-estimation de la Bible et de
ce qu'elle a révélé, elle aussi, sur
l'épopée de l'humanisation et de la divinisation de
l'homme. Le sacrifice d'Abraham est un modèle éternel
du dépassement par l'homme de ses provisoires morales et de
ses fragiles logiques au nom de valeurs inconditionnelles qui les
relativisent. De même que l'Exode demeure le symbole de
l'arrachement à toutes les servitudes, de l'appel
irrésistible de Dieu à la liberté.
Ce que nous rejetons, c'est la lecture sioniste, tribale et
nationaliste, de ces textes, réduisant l'idée
géante de l'Alliance de Dieu avec l'homme, avec tous les
hommes, et de sa présence en tous, et en tirant l'idée
la plus maléfique de l'histoire humaine : celle de
"peuple élu" par un Dieu partial et partiel (et donc
une idole) justifiant par avance toutes les dominations, les
colonisations et les massacres. Comme si, dans le monde, il n'y avait
d'"Histoire sainte" que celle des Hébreux.
De ma démonstration, dont nul chaînon ne fut
apporté sans en donner la source, ne découle nullement
l'idée de la destruction de l'État d'Israël mais
simplement sa désacralisation : cette terre, pas plus
qu'aucune autre, ne fut jamais promise mais conquise, comme celle de
la France, de l'Allemagne ou des États-Unis, en fonction des
rapports de force historiques en chaque siècle.
Il ne s'agit pas de refaire indéfiniment l'histoire à
coups de canon, mais simplement d'exiger, pour tous,
l'application d'une loi internationale qui n'éternise pas des
rapports de jungle.
Dans le cas particulier du Proche Orient, il s'agit simplement
d'appliquer les décisions de partage prises par l'O.N.U. au
lendemain de la dernière guerre et la décision 242, qui
excluait à la fois le grignotage des frontières des
pays voisins et la captation de leurs eaux, et l'évacuation
des territoires occupés. L'implantation, dans les zones
illégalement occupées, de colonies
protégées par l'armée israélienne et
l'armement des colons, c'est la perpétuation de fait d'une
occupation qui rend impossible une paix véritable et une
cohabitation pacifique et durable de deux peuples égaux et
indépendants, paix qui serait symbolisée par le respect
commun, sans prétention à une possession exclusive de
Jérusalem, lieu de rencontre des trois religions abrahamiques.
De même la critique du mythe de l"Holocauste" n'est pas une
comptabilité macabre du nombre de victimes. N'y eût-il
qu'un seul homme persécuté pour sa foi ou son
appartenance ethnique, il n'y aurait pas moins eu un crime contre
l'humanité tout entière.
Mais l'exploitation politique, par une nation qui n'existait pas
lorsque furent commis les crimes, de chiffres arbitrairement
exagérés pour tenter de prouver que la souffrance des
uns était sans commune mesure avec celle de tous les autres,
et la sacralisation (par le vocabulaire religieux lui-même -
celui d'"Holocauste") tend à faire oublier des
génocides plus féroces.
Les plus grands bénéficiaires en étaient les
sionistes, se donnant pour les victimes exclusives, créant,
dans la foulée, un État d'Israël, et,
malgré les 50 millions de morts de cette guerre, en faisant la
victime quasi unique de l'hitlérisme, et le plaçant,
à partir de là, au-dessus de toute loi pour
légaliser toutes ses exactions extérieures ou
intérieures.
Il ne s'agit pas non plus d'accuser de mauvaise foi les millions
d'honnêtes gens qui ont cru à ces mythologies menteuses
propagées par tous les médiats et justement
indignées, par exemple, par le martyre des chambres à
gaz, ou convaincus par une lecture littérale de la Bible,
totalement ignorante de l'exégèse moderne, de la
véracité des promesses divines faites à un
"peuple élu". Pendant plus d'un millénaire (du
IVème siècle à la Renaissance) des
chrétiens pieux ont cru à la "donation" par
Constantin des États du Pape au Pontife romain. Le mensonge a
régné mille ans.
Ma propre grand-mère a vu, de ses yeux vu, comme des milliers
de gens de bonne foi, une Croix de sang s'élever dans le ciel
dans la nuit du 2 août 1914. Elle y a cru jusqu'à sa
mort.
Le présent livre n'a d'autre objet que de donner
à tous, les éléments leur permettant de
juger les méfaits d'une mythologie sioniste qui,
inconditionnellement soutenue par les États-Unis, a
déjà engendré 5 guerres et constitue, par
l'influence qu'exerce son lobby sur la puissance américaine et
par là, sur l'opinion mondiale, une menace permanente pour
l'unité du monde et de la paix.
c)--Les faussaires et l'histoire critique
Enfin, il s'agissait pour nous - en donnant, pour la plus minime
information, la source et la preuve de ce que nous affirmions - de
nous séparer radicalement de tous les faux destinés
à jeter le discrédit sur une religion ou une
communauté.
C'est pourquoi, au risque de la surcharger et de fatiguer un lecteur
trop pressé d'arriver aux conclusions sans passer par le
travail souvent fastidieux des preuves, nous n'avons avancé
aucune thèse sans en donner les sources.
Résumons ce que l'histoire critique peut dire, sans la
sacraliser avec des mythes mis au service d'une politique.
A partir de son idéologie raciste, Hitler, dès ses
premières manifestations politiques, prit les juifs comme
cible, après le communisme, dont la destruction était
sa mission principale (ce qui lui valut longtemps l'indulgence et les
concessions des "démocraties occidentales" depuis la livraison
des moyens de son réarmement par les industriels
jusqu'à la livraison des peuples par leurs politiques, par
exemple à Munich). Ses premiers prétextes, dans sa
lutte contre les juifs, étaient d'ailleurs
contradictoires : d'une part il prétendait que la
Révolution d'Octobre était l'oeuvre des juifs et
menaçait l'Europe d'y instaurer, avec la complicité
juive, le communisme, et il développait le thème du
"judéo-bolchevisme", comme incarnation du communisme mondial,
et, en même temps, il dénonçait les juifs comme
incarnation du capitalisme mondial.
Le programme du Parti national-socialiste proclamait
déjà : "un juif ne peut être un
compatriote."
Source : P. S. 1708.
Excluant ainsi de la nation allemande quelques-uns de ses fils
les plus glorieux dans tous les domaines de la culture, de la musique
à la science, sous prétexte qu'ils étaient de
confession juive, et confondant à dessein la religion et la
race.
A partir de cette monstrueuse exclusion, qui reniait le poète
Heine, et chassait Einstein le géant, il définissait,
dès 1919, dans une lettre du 16 septembre à son ami
Gemlich, ce qu'il appelait déjà son "but ultime"
("letztes Ziel") "l'éloignement des juifs". Ce "but ultime"
restera le sien jusqu'à sa mort, comme la lutte contre le
"bolchevisme", sur lequel il se brisera.
Cet "éloignement des juifs", l'une des constantes de sa
politique, prendra des formes diverses selon les vicissitudes de sa
carrière.
Dès son arrivée au pouvoir, son ministre de
l'économie signe avec l'Agence juive (sioniste) l'accord du 28
août 1933, accord favorisant le "transfert" ("Haavara" en
hébreu) des juifs allemands en Palestine.
Source : Broszat, Jacobsen, Krausnick : "Anatomie des
S.S. Staates", Munich. 1982. vol. II, p. 263.
Deux ans plus tard, les lois de Nuremberg du 15 septembre 1935,
donnent valeur législative aux articles 4 et 5 du programme du
Parti, formulé à Munich le 24 février 1920, sur
la citoyenneté du Reich et la "défense du sang" (comme
les "rois catholiques" d'Espagne l'avaient fait au XVIème
siècle, sous prétexte de "pureté du sang"
("limpieza del sangre") contre les juifs et les "maures"), en
s'inspirant l'un et l'autre de l'exemple des Esdras et des
Néhémie dans la Bible. Ces lois permettaient d'exclure
les juifs des fonctions d'État et des postes dominants de la
société civile. Ces lois interdisaient les mariages
mixtes et assignaient aux juifs le statut d'étrangers.
La discrimination allait bientôt devenir plus sauvage en 1938,
avec la "Nuit de cristal", à partir d'un prétexte.
Le 7 novembre 1938, le Conseiller d'ambassade à Paris, Von
Rath, est assassiné par un jeune juif nommé
Grynspan.
Le fait, orchestré par la presse nazie, déchaîne,
dans la nuit du 9 au 10 novembre, une véritable chasse aux
juifs, le pillage et le saccage de leurs magasins, le bris de leurs
vitrines (d'où le nom de "Nuit de cristal").
Le bilan en est sinistre :
<< Pillage et destruction de 815 magasins, de 171 maisons,
de 276 synagogues, 14 autres monuments de la Communauté juive,
arrestation de 20.000 juifs, 7 aryens, 3 étrangers, 36 morts
et 36 blessés >>
Source : Rapport de Heydrich à Goering en date du 11
novembre 1938, Nür. T. IX. p. 554. Document reconnu authentique
par Goering et tous les accusés contre lesquels il a
été produit.
Il ne s'agissait pas d'une réaction passionnelle du peuple
allemand, mais d'un pogrom organisé par le Parti nazi. En
témoigne le rapport du juge suprême du Parti
national-socialiste, Walter Buch, chargé de l'enquête
(Doc. P.S. 3063 portant la date du 13 février 1939, Nur. T.
XXXII, p. 29) qui devait juger les 174 membres du Parti
arrêtés dès le 11 novembre sur ordre de Heydrich
pour avoir organisé ce pogrom et y avoir participé.
Mais, parmi les 174, ne figurent que des cadres subalternes du
Parti.
Le gouvernement, (à l'exception de Goebbels qui approuvait le
crime) et le Führer lui-même, les
désavouèrent. Mais cela n'exclut pas l'hypothèse
de directives venues "d'en haut". D'autant plus que Goering, prit
aussitôt trois décrets aggravant la discrimination.
- le premier frapperait les juifs allemands d'une amende collective
d'un milliard de marks (P.S. 1412 Reichsgesetzblatt 1938, partie I,
page 1579) ;
- le second exclurait les Juifs de la vie économique allemande
(P.S. 2875. Reichsgesetzblatt 1938, partie I, page 1580) ;
- le dernier décidant que les compagnies d'assurance
verseraient à l'État, non à
l'intéressé juif, le remboursement du dommage à
lui causé au cours de la Nuit de cristal (P.S. 2694.
Reichsgesetzblatt 1938, partie I, page 1581).
Le rapprochement des prétextes et des méthodes pour
accabler les juifs en Allemagne et les Arabes en Palestine est
saisissant : en 1982 un attentat est commis, à Londres,
contre un diplomate israélien. Les dirigeants
israéliens l'attribuent immédiatement à l'O.L.P.
et envahissent le Liban pour y détruire les bases de l'O.L.P.,
faisant 20.000 morts. Beghin et Ariel Sharon, comme autrefois
Goebbels, avaient eu "leur Nuit de cristal" avec un nombre beaucoup
plus grand de victimes innocentes.
La différence est dans le prétexte du
déclenchement de l'invasion du Liban, projetée par les
dirigeants israéliens depuis longtemps. Le 21 mai 1948 Ben
Gourion écrivait dans son "Journal" :
<< Le talon d'Achille de la coalition dans son
"Journal" arabe, c'est le Liban. La suprématie musulmane dans
ce pays est artificielle, et peut aisément être
renversée ; un État chrétien doit
être instauré en ce pays. Sa frontière sud serait
la rivière du Litani. >>
Source : Michaël Ben Zohar "Ben Gourion ; le
prophète armé". p. 139.
Le 16 juin, le Général Moshé Dayan
précise la méthode :
<< Tout ce qu'il nous reste à trouver, c'est un
officier, même un simple capitaine. Il faudrait le gagner
à notre cause, l'acheter, pour qu'il accepte de se
déclarer le sauveur de la population maronite. Alors,
l'armée israélienne entrerait au Liban, occuperait les
territoires où elle établirait un régime
chrétien allié à Israël, et tout marcherait
comme sur des roulettes. Le territoire du sud du Liban sera
totalement annexé à Israël. >>
Source : "Journal" de l'ancien premier ministre
d'Israël, Moshé Sharett, publié en hébreu
en 1979.
Ce qui rend encore plus odieux le crime du Liban, en son principe
même (au-delà des massacres perpétrés,
sous les yeux de Sharon, et préparés grâce
à lui) c'est que le prétexte même n'en pouvait
être imputé à l'O.L.P..
Madame Thatcher a apporté devant la Chambre des Communes, la
preuve que ce crime était l'oeuvre d'un ennemi
déclaré de l'O.L.P. Aussitôt après
l'arrestation des criminels et au vu de l'enquête
policière, elle déclare : << Sur la
liste des personnalités à abattre, trouvée sur
les auteurs de l'attentat, figurait le nom du responsable de
l'O.L..P. de Londres... Ceci tend à prouver que les
assaillants n'avaient pas, comme l'a prétendu Israël, le
soutien de l'O.L..P.... Je ne crois pas que l'attaque
israélienne sur le Liban soit une action de
représailles consécutive à cet attentat :
les Israéliens y ont trouvé un prétexte pour
rouvrir les hostilités. >>
Source : International Herald Tribune, du 8 juin 1982.
Ce démenti à la propagande israélienne est
passé à peu près inaperçu en France,
alors qu'il détruisait la légende de la
"légitime défense" qui avait servi de prétexte
à cette nouvelle agression.
Car cette guerre s'inscrivait, comme toutes les agressions et les
exactions de l'État d'Israël, dans la logique interne de
la doctrine sioniste, comme la "Nuit de cristal" dans la logique
interne du racisme hitlérien.
La situation des Juifs, après la "Nuit de cristal", devenait
de plus en plus dramatique. Les "démocraties occidentales"
réunirent la Conférence d'Évian en 1938, qui
assembla 33 pays (L'URSS et la Tchécoslovaquie n'y
étaient pas représentées ; la Hongrie, la
Roumanie, la Pologne n'avaient que des observateurs pour demander
qu'on les débarrasse de leurs propres juifs).
Le Président Roosevelt donna l'exemple de
l'égoïsme, disant, à la Conférence de
presse de "Warm Springs" qu'<< aucune révision
ni augmentation des quotas d'immigration aux États-Unis
n'était prévue. >>
Source : Mazor,"Il y a trente ans, la Conférence
d'Évian", dans "le monde Juif", d'avr